‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inéditsChapitre 194 sur 243 · Lâchât, XI, 222, le date au hasard de · texte numérisé non relu

Lâchât, XI, 222, le date au hasard de

3. Ou, comme les appelait l'auteur, Réflexions sur V Évangile. Le manuscrit de la Visitation de Meaux et celui de Nancy, sont distribués dans un ordre bien préférable à celui des éditions. L'autographe de la Bibliothèque nationale est incomplet, et les divisions n'y sont pas marquées.

ce discours est le monument le plus remarquable du zèle de Bossuet pour l'avancement spirituel de ses chères Visitan- * dines. Elles l'appellent dans leurs Mémoires un « sermon , divin. » On voit par certains passages que l'orateur s'adresse î tout à la fois au peuple et aux Religieuses. Avec le sermon de Noël 1691, et le Vado ad Pair em de 1692, c'est le spéci- | men le plus accompli des discours de la dernière époque.

— Noël i6çi. Sermon sur Jésus-Christ objet de scandale. \ Troisième des éditions. (Pas de manuscrit.) j

C'est grâce à une circonstance particulière que nous avons ce beau sermon. Une religieuse de Jouarre, M™^ de Lusancy, le demanda à Bossuet. Le prélat, avec l'exquise politesse qui lui était ordinaire, lui annonce l'envoi de la copie faite sous sa dictée, après avoir dit. « Je commence, ma Fille, lui écrit-il le 8 janvier suivant, par vous faire excuse de ce que je me sers d'une main étrangère pour épargner ma tête appesantie par le rhume. Il ne m'a pas empêché, Dieu merci, de faire écrire le sermon que je vous envoie, comme je vous l'avais promis. Vous le trouverez peu conforme à votre état, puisqu'il attaque les pécheurs les plus endurcis ; mais il faut que les âmes les plus innocentes apprennent à gémir pour eux dans la retraite, et qu'en voyant leurs excès, elles s'accoutument à rendre grâce à Dieu des miséricordes qu'elles en ont reçues. Vous ne laisserez pas de voir dans ce sermon les plus utiles sentiments où l'on puisse entrer à la vue des mystères de Jé.sUS-Christ. Il n'y a rien de meilleur que de regarder toujours qu'ils peuvent être en mine aussi bien qu'en résurrection à plusieurs, di^n que si on est assez heureux pour en profiter, on l'attribue à sa grâce... »

— Vej's i6ç2. Sermon esquissé pour le Jour de Pâques: « 0 stulti et tardi corde... » (Mss., 12.824, f. 103.)

La date est incertaine. C'est d'après le sujet traité, la

Passion, mais « la Passion comme chemin à la gloire, » que notre attention se porte de préférence sur cette année. L'auteur remarque, dans le canevas de son exorde, que les évangiles des jours suivants sont pleins de cette pensée. Or je lis dans le Journal des Visites pastorales que le mardi de Pâques (8 avril), après avoir prêché le matin sur l'évangile du jour, il prêche le soir « sur la nécessité d'imiter JÉSUS- Christ dans ses souffrances pour avoir part à sa gloire. » Ceci se passe à la Ferté-Gaucher. Mais nous voyons que le Mardi saint, Bossuet, après avoir parlé sur l'Évangile, se prépare à quitter Jouarre ('), « d'autant, nous dit-on, que la [ solennité des saints jours prochains le rappelait en sa ville

I épiscopale. »

3 — 2"/ avril, i6ç2.IIP dimanche après Pâques (et non V, comme \ le veulent les éditeurs). Sermon pour V ouverture du Jubilé : I « Vado ad Patrem. » (Copie antérieure aux éditions, à Nancy.)

sj « Je fais mettre au net un sermon dont vous pourrez être \ édifiée : c'est celui de l'ouverture de la Mission, » écrivait I Bossuet à Mme d'Albert, jg 21 mai. l^e Journal ou Grand Recueil de Rochard donne exactement la date de l'ouverture de cette Mission, que Ledieu antidate de deux années dans ses Mémoires. Un volume intitulé : Retraite de dix fours, etc., publié à Nancy, en 1760, contenait notre discours, et le plaçait aussi avec raison au 27 avril 1692. On ne voit pas pourquoi Deforis, en 1772, a prétendu l'assigner au V^ dimanche. Il avait été publié pour la première fois dans les

1. M. de Meaux fit alors de nombreuses visites et adressa de nombreuses instructions à cette abbaye. Il cherchait à réformer les désordres causés par les absences abusives et par l'étrange négligence de l'abbesse Henriette de Lorraine. Plus de comptes depuis six ans ni de ce qui était dû à l'abbaye, ni de ce qu'elle devait: Les instances amiables tentées durant un an entier étaient restées sans résultat. Les fournisseurs menaçaient. Le boucher Louvain, qu'on n'avait plus payé pendant les six dernières années, refusait de nouvelles provisions, etc. (Journ. des Visites). — Tout cela n'empêche pas l'abbé Réaume (Histoire de Bossuet) de fulminer contre l'intervention du prélat gallican dans les affaires d'une abbaye exempte, de crier à la persécution, etc.

Lettres et Opuscules de Bossuet, chez Barrois, à Paris, en

Le monastère de la Visitation de Nancy en possède plusieurs copies, dont la plus ancienne, venue originairement de Meaux, avec la mère de Bassompière, nièce du cardinal de Bissy, successeur de Bossuet, contient une curieuse variante, qui pourrait bien être la véritable leçon. Expliquant les effets d'une vraie pénitence, l'orateur la compare, d'après l'évangile du jour, à un enfantement consolant, mais laborieux. Il ne craint pas, selon le texte manuscrit de Nancy, de tenir ce langage, qu'explique du reste sa qualité d'aumônier officiel de plusieurs princesses ('): «J'ai assisté quelquefois à l'accouchement des princesses ; et, quand on a ouï leurs douleurs encore faibles et des cris encore languissants, on a dit : Elle n'accouche pas encore. Mais quand un cri, qui perce les oreilles, les déchire pour ainsi dire, et pénètre jusqu'au cœur, alors on se réjouit ; on dit : elle est délivrée ! et on apprend, un moment après, l'heureuse nouvelle « qu'elle a mis un homme au monde, ^h et on la voit consolée de son travail. Ainsi, mes bien-aimés, si la douleur que vous causent vos péchés n'est vive, pénétrante, déchirante, vous n'enfanterez jamais votre salut... »

Le commencement de ce passage a effarouché les éditeurs : aucun d'eux ne l'a donné, même parmi les variantes. Et pourtant qui croira qu'il ait été inventé par les « saintes filles » de la Visitation ? Leur copie a une grande valeur dans l'ensemble, malgré quelques fautes de détail. D'ailleurs l'édition de Deforis s'en rapproche beaucoup plus que celle de M. Lâchât, qui, sous prétexte de collationner le texte des Bénédictins avec celui de 1748, s'est permis de modifier le discours avec une hardiesse que rien ne justifie.

I. Bossuet fut aumônier de la duchesse de Bourgogne, et de la seconde Madame, duchesse d'Orléans. La Dauphine d'ailleurs avait demandé (1686) qu'il fût à sa disposition en pareille circonstance. On lit dans le Journal de Raveneaic, curé de Saint- Jean: « Le synode fut remis à un mardi, 17 septembre, à cause des couches de Madame la Dauphine, qui avait retenu Monseigneur à la cour jusqu'à ce jour. »

— -?5 mai i6ç2. Sermon pour la Pentecôte : <i Cor mundum créa in vie Deus. >> (Esquisse manuscrite, 12.824, ^- ^99-)

Ce sermon fut « une prière au peuple de la part de Dieu, et une prière à Dieu de la part du peuple. » L'orateur est « partagé entre ceux qui ont déjà fait leur Jubilé, leur mission, et ceux qui demeurent encore endurcis, »

— Vers ï6ç4. (?), unjojuin. Panégyrique esquissé, sur saint Paul : « Caritas Christi iirget nos. » (Plus de manuscrit) (').

La date est ici tout à fait incertaine. Peut-être ce panégyrique fut-il destiné à Jouarre, et prêché en 1694. Du moins Bossuet écrivant à M"^^ d'Albert, le 31 mai, lui annonce un prochain sermon.

— 22 mai i6ç8, Profession de la Sœur Cornuau.

(Voy. Lettre du jeudi (29 mai ?) 1698, à cette Religieuse.)

Bossuet avait improvisé cette instruction, selon son habitude à cette époque. La pieuse professe en ayant demandé copie à Bossuet, pour son édification : « Je n'écris rien de mes sermons, ma fille, » lui dit-il en tête de sa réponse. Toutefois pour condescendre au désir qui lui était respectueusement exprimé, il donna, dans sa lettre, la substance du discours : « Car, dit-il (^), c'était plutôt un discours qu'un sermon étendu, y^n\s(\VLQ.x\ prenant en main l'évangile du jour, je m'abandonnai à l'Esprit de Dieu pour dire ce qu'il m'inspirerait pour vous. » — Tel qu'il est, ce Précis d'un Discours de Profession doit trouver place dans la série des œuvres oratoires, comme les anciens éditeurs l'avaient bien compris; leurs successeurs ont été mal inspirés de l'en bannir. — C'est le dernier sermon dont l'auteur nous ait conservé quelque chose. On trouvera encore dans le chapitre suivant, quelques

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