AVERTISSEMENT
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// a été fait deux tirages de cette seconde édition : l'tin abt'égé par la suppression des Appendices {sauf les Tableaux orthographiques) ; l' a2itre coinplet, plus complet 7nême que la première édition, orné de six fac-similé, imprimé sur beazi papier, et de même format que les Œuvres oratoires de Bossuet, doiit deux volumes ont paru, et les autres sont prêts pour rifytpression.
La pagination de ce double tirage est idejitique, jusqiià la fin de la Conclusion (I-XX ; 1-380). Elle correspond presque partout avec celle de la p7'emière édition, les corrections et additions ayant été rédigées de façon à ne pas rendre faiLSses les citations qîie plusieurs écrivains ont faites de cet ouvrage. Toutefois, à partir de la page 336, une longue liste de semnons perdus ou itnprovisés a dû, poîir une raison d'ordre typographique, être mise en petits caractères ; et il en est résulté q7ie cette nomenclature a tenu ici une moindre place, bien qîielle ait été enrichie de mentions nouvelles. Pour 7'e7nédier à cet inconvénient, les éditeurs ont placé en regard des pages 356-380, contenant la Conclusion, la pagi7iation a7icie7ine (359-383).
Est-il besoin de dire que l' importance du sujet, et V accueil favorable que le public a daig7ié fai7'e à ce liv7'e, nous ont stimulé à n épai'gner en 7de7i 7ios soins pou7' re7idre cette 7iouvelle éditio7i digne de la fortune de son aÎ7iée ?
Paris, Institut Catholique, i^' mars 1891.
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INTRODUCTION
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||L est périlleux, dit Sainte-Beuve, de commenter Bossuet, « parce que les citations qu'on en fait parlent d'elles-mêmes et éclairent certaines pages, jusqu'à éteindre ce qui est à l'entour ('). » Le péril est d'autant plus grand que l'on vient plus tard. Après que l'éloquence de Bossuet a été si souvent célébrée, et quelquefois par des bouches si autorisées, par les Villemain, les Patin, les Saint-Marc Girardin, les Nisard, les Sainte- Beuve, les Gandar, les Jacquinet et autres, il serait sans doute bien ridicule de s'imaginer qu'on va la révéler au public.
Le temps n'est plus oii il se payait bonnement du mot de
La Harpe, déclarant avec une haute impartialité Bossuet
« médiocre » dans les sermons, comme Massillon dans
I l'oraison funèbre. Les maîtres de la critique ont bien ré-
\ formé cette plaisante sentence. Si notre dessein n'avait été
'^ que de réclamer pour le grand orateur le premier rang dans
la chaire française, non seulement au-dessus de l'élégant et
ingénieux Massillon, mais au-dessus du grave et solide
Bourdaloue lui-même, nous n'aurions eu autre chose à faire
que de prendre acte de l'aveu si équitable que nous rencon-
( trions sous la plume du plus perspicace des panégyristes du
', célèbre jésuite : « L'art de la parole, dit M. Feugère, l'habi-
; leté proprement dite,qui l'a poussée plus loin que Bourdaloue ?
I Tout dans ses discours est réfléchi, calculé ; tout révèle une
méthode savante, une expérience consommée. Et pourtant
il n'a pas, à proprement parler, le génie, la flamme spontanée
\ et communicative, le don indéfinissable, caractère de la haute
éloquence, rare privilège de quelques orateurs, et qui élève
les Bossuet encore bien an-dessus des Bourdaloue (^). »
Toutefois, outre que de tels jugements ne sont pas univer-