‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inéditsChapitre 224 sur 243 · Voy. l'édition Gandar, p. 118 et · texte numérisé non relu

Voy. l'édition Gandar, p. 118 et

4- Voy. ci-dessus, ch. 11, \e:conc\iss\onna.irt qui fait belle dépense du bien d'tintrui : rédactions de 1660 et de 1666 (p. 97).

Il y avait, en 1656, des comparaisons familières à l'excès : il est intéressant de les voir modifiées parleur auteur, lorsque les mêmes pensées sont revenues se présenter à son esprit. Il , disait dans le Miindus gaiidebit : « Vos continuelles infirmités j vous empêchent de goûter le fruit de votre bonne fortune : ' est-il rien de plus importun ? C'est avoir le verre en main et ne pouvoir boire, bien que vous soyez tourmenté d'une soif ardente ; et cela vous cause un chagrin extrême. » Reprenant, en 1659 et en 1667, tout cet ordre d'idées (i) sur l'origine de nos chagrins, il tourne ainsi qu'il suit la comparaison : ; « C'est être au milieu d'un jardin sans avoir la liberté d'en goûter les fruits, non pas même d'en cueillir les fleurs ; c'est \ avoir, pour ainsi dire, la coupe à la main, et n'en pouvoir pas 1 rafraîchir sa bouche, bien que vous soyez pressé d'une soif \ ardente ; et cela vous cause un chagrin extrême (2) »

Voici une addition admirable, dans une page du second sermon sur la Providence, qui était reprise de celui de 1656, I sur cette idée : « Précipiter les affaires, c'est le propre de la faiblesse, etc. » — « Mais Dieu, ajoute l'orateur en 1662, Dieu qui est l'arbitre des temps, qui du centre de son éternité développe tout l'ordre des siècles, qui connaît sa toute-puissance, | qui sait que rien ne peut échapper de ses mains souveraines, t ah ! il ne précipite pas ses conseils (3), » etc. •

Il serait facile de multiplier ces exemples (■^): chacun peut | faire en son particulier une foule de ces rapprochements ■; instructifs, qui ici nous ramèneraient en arrière. Mais outre les signes de jeunesse dans le style, il y en avait d'autres, en 1656, dans la composition même dont il faut en deux mots constater l'existence.

CONCLUSION. [374] Zl^

Dans tous les discours de cette époque on peut trouver encore à redire à la longueur des exordes, surtout des seconds exordes ou exordes proprement dits. Ils n'ont plus toutefois les proportions démesurées des sermons antérieurs, de ceux-là mêmes qu'on plaçait à tort à cette date. La Vêture : Martha, Martha, etc., a même ceci de remarquable que son exorde n'est, pour la plus grande partie, qu'une réduction de celui du sermon sur la Loi de Dieu.

Mais un caractère général, qui aurait dû s'imposer à l'attention, par cela même qu'il s'étend à tout l'ensemble du discours, c'est une certaine redondance oratoire qui déborde partout en 1656. A l'audition, c'est chose assez agréable ; et des œuvres comme le Depositiim custodi, ou le sermon de AV/, font encore très bon effet dans une lecture à hauts voix. Parcourues silencieusement, elles charment moins que les sermons composés dix ans plus tard.

L'éloquence de Bossuet à cette époque s'éloigne moins, tout en s'en éloignant déjà beaucoup, du genre cicéronien où s'exerceront Bourdaloue et Massillon, surtout le dernier. Moins patient à raisonner imperturbablement que le célèbre jésuite, Bossuet est bien moins préoccupé d'embellissements que l'évêque de Clermont. Le Turbaris erga plurima de la Vêture MartJia... (') est un exemple assez rare chez lui des refrains dont on verra Massillon user et abuser (2). Ces répétitions de textes commentés à plusieurs reprises successives, sortes de variations sur un thème proposé, n'ont nullement le même caractère dans les deux orateurs. Dans Bossuet, ce n'est autre chose qu'un développement de la pensée essentielle : tout y tend moins à orner le discours qu'à le fortifier. Massillon n'aurait garde de s'arrêter en si beau chemin : il ne se contente pas d'enrichir sa démonstration par des énuméra-

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