‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inéditsChapitre 30 sur 243 · Ledieu, Alémoires, iio · texte numérisé non relu

Ledieu, Alémoires, iio

3. Ibid., 118. — Il dit même quelque part : « L'abbé Bossuet n'a jamais prêché^ la co«r de sermons préparés et étudiés. » (P. 109.)

moins dans les discours qui nous sont parvenus. Ses éditeurs toutefois ne les ont pas absolument négligés. C'est de là, nous l'avons déjà fait entrevoir, que nous sont venues, pour une grande partie, les Pensées chrétiennes et morales qu'on lit à la suite des sermons.

Les recueillir était un dessein très légitime ; mais une tentation devait se présenter, à laquelle on ne résisterait guère. C'était celle d'accumuler là plusieurs pièces, 7nêi?ie entières, pour lesquelles on n'aurait pas trouvé de place dans la classification liturgique. Deforis et ses collaborateurs en prirent en effet tout à leur aise.' A côté de pensées réellement détachées dans les manuscrits, ils introduisirent des opuscules ayant un commencement, un milieu et une fin, des dissertations, des homélies, des esquisses de sermons, et ils se permirent d'en faire littéralement une sorte de hachis, les découpant par paragraphes, dont chacun fut affublé d'un titre de leur façon.

Voici par exemple un fragment d'une seule teneur au manuscrit (ï), dont les anciens éditeurs ont fait les cinq derniers articles du recueil, avec cinq titres différents (je dis les anciens éditeurs, car ceux de Versailles ont opéré dans cette partie des œuvres de Bossuet des remaniements dont nous parlerons tout à l'heure) ; je cite l'original, qu'on a sciemment adouci dans les éditions :

« La grâce du mystère de l'Epiphanie, c'est un esprit d'adoration envers JéSUS-Christ , et JÉSUS-Enfant , et Jésus inconnu, JÉSUS dans l'abjection ; esprit d'adoration pour attirer à ce Dieu inconnu ceux qui le connaissent le moins et qui en sont le plus éloignés. Entrez-y pour toutes les créatures qui ne le connaissent pas. Et nous, comment adorerons-nous? Comme si nous en entendions parler la première fois ; comme si son étoile ne nous avait apparu que de ce jour. Car, en effet (2), qu'avons-nous vu ? qu'avons-nous connu ? Si nous le connaissons tant soit peu, tous

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