‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inéditsChapitre 38 sur 243 · Même collection · texte numérisé non relu

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2. Analyse d' un traité des sept péchés capitaux ; avec remarques curieuses : « Non videtur Augustin!, docti tamen et eloquentis viri, et ."Vugustinum sapientis ; » corrections de textes fautifs, etc. ; passages traduits, et réflexions. — Extraits de saint Athanase, sur l'indignité de certains ecclésiastiques; ils ont pu servir aux retraites prêchées à Saint-Lazare ; — de saint Grégoire de Nysse, pour justifier le culte des reliques ; semble destiné à la controverse, etc., etc. — (Mss., les uns de la collection Floquet ; les autres de Meaux. )

3. Quinze pages parurent en vente, à Paris, en 1876, cataloguées : Fragments autographes sur l' Abus des richesses, la Dureté du cœur, V Avarice, la Vie mondaine, les Ames du purgatoire, et autres sujets. — In-4'>.

4. Lâchât, X, Paragraphes xxxiii et xxxiv, presque en entier. Cf. ci-dessus, p. 12, 13.

5. Extraits des anciens philosophes, 12. 830, f. 199. — Cet exemple me parait d'autant plus intéressant, que la pensée d'.^ristote et de saint Augustin, qui est ici discutée,

CH. I. TRÉPARATION ÉLOIGNÉE. 37

«On ne peut abuser de la vertu : (Aristote, Magn. moral. 23,7.) Qu'est-ce donc que l'orgueil ? — Saint Augustin dit toutefois la même chose ; car, dit-il, la vertu est la seule chose dont on ne peut abuser, parce qu'elle est elle-même le bon usage, à qui il répugne qu'on en use mal. — L'orgueil qui se l'attribue, parce qu'il le sent en soi, en use mal ; tant il est vrai qu'il n'y a nul bien que l'homme ne puisse corrompre. Il y a pourtant dans le raisonnement de saint Augustin une lumière de vérité, qu'il faut sauver.

« On ne peut abuser de la vertu ; — vrai et faux : dans le temps qu'on la pratique tout entière ; mais après on le peut, car on peut la perdre, et de plus, la tourner à un plus grand mal que si on ne l'avait jamais eue.

« Hélas ! hélas ! hélas ! misère et néant de l'homme, qui n'a rien de meilleur que la vertu, et néanmoins par elle-même

il deviendra pire que si jamais , tant la volonté est

puissante contre elle-même {}) ! »

On voit que Bossuet resta fidèle à cette pratique des lectures faites la plume à la main. On s'étonne de l'abondance et de la sûreté de l'érudition, qui fait une partie de la force victorieuse de ses ouvrages ; on en a le secret en se rappelant les ressources que lui ménagèrent à toutes les époques de sa vie les habitudes laborieuses et la méthode de travail que nous venons d'exposer.

Si les citations innombrables d'une Histoii'e des Variations n'ont pu être prises en défaut par les intéressés, c'est qu'en cette circonstance comme dans les autres, l'auteur n'avait pas manqué d'écrire des cahiers entiers, encore subsistants, uniquement composés d'extraits des auteurs protestants et des ouvrages des Pères qui les avaient réfutés à l'avance.

Bossuet l'avait admise de confiance dans sa jeunesse. {^Dissertation sur l'Honnettr, T2.822, f. 170.) Lâchât, IX, 151.

I Un récent éditeur de Bossuet, l'abbé Guillaume (1877), a déjà glané dans ces Extraits des philosophes (Mss. 12.830. 12,831) quelques phrases inédites. — (Voy. le tome VII de son édition).

En transcrivant ainsi les plus beaux passages des Pères, il les fixait en même temps dans son esprit.

Son excellente mémoire garda jusqu'à la fin les richesses accumulées par tant d'années de recherches. En 1700, dans un billet au cardinal de Noailles (inédit), il disait le plus naturellement du monde : « Si vous m'ordonnez de vous rapporter les passages de ces deux saints (saint Augustin et saint Bernard), je crois pouvoir le faire en peu de jours, aidé de vos ordres et de vos prières... » Les textes à retrouver en cette circonstance étaient pourtant en grand nombre et devaient être choisis avec une particulière attention : il s'agissait d'une question extrêmement ardue, celle du gouvernement de Dieu sur notre libre arbitre. Bossuet, qui avait à cœur « de venger l'école de saint Thomas de l'erreur énorme » qui fait Dieu auteur du péché et ôte «absolument au libre arbitre la faculté ad alteram pa7'teni coniradictionis (^) », pouvait, grâce à ses souvenirs, fortifiés de l'appoint de ses notes, s'engagera mener promptement à bonne fin une recherche si compliquée.

On lit dans la Relation même de sa dernière maladie : « Nous étions témoins tous les jours, que dictant quelque chose à son écrivain, il lui faisait chercher dans les livres qu'il voulait citer les passages dont il avait besoin, en lui marquant et à nous les chapitres et les feuillets, comme s'il les avait lus depuis deux jours (2). »

Mais c'est pour une prédication de plus de cinquante années qu'il a trouvé le plus de secours dans le trésor de ses notes. S'il improvisa tant de discours perdus pour nous, et qui furent quelquefois peut-être les plus beaux de tous ; si, même lorsqu'il écrivait, il rédigeait ses compositions oratoires rapidement, à la dernière heure, de sorte qu'il avait rarement le temps de les achever, c'est qu'il s'était donné, dans ses loisirs studieux, cette préparation éloignée et générale que Fénelon

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