I. Paroles de Bossuet dans le I^f sermon pour la même fête
mal à propos : Second exorde pour le sermon sur la Résurrection, les deux feuillets qui sont ici toute la composition, contiennent en réalité non un exorde, mais deux ; c'est-à-dire le plan du discours, écrit le premier, et l'avant-propos jeté à la hâte sur le verso de la dernière feuille ('). C'est par celui-ci qu'il fallait débuter dans l'imprimé :
« Deux paroles du Fils de Dieu adressées aux morts : Venit hora et nunc if) [est, qiiando mortui audient vocem Filii Dei\. (Joan., V, 25) ; — Venit Jiora, in qna [omnes qui in monumentis sunt audient vocem Filii Dei\ (Ibid., 28.) — Deux sortes de morts. Deux parties dans l'homme ; toutes deux ont leur mort. JÉSUS les a fait revivre par sa parole. La première aux pécheurs, pour les appeler à la pénitence ; la seconde aux morts ensevelis, pour les rappeler à la vie (3)... »
V. D'autres avant-propos, écrits sur une feuille volante, ont été déplacés, ou même négligés. De ce chef, les manuscrits contiennent encore des révélations instructives qui n'ont pas été signalées jusqu'à ce jour.
Après le sermon qui a pour texte : Beati miséricordes, quoniam ipsi misericordiam conseqnentttr (P^" ou IV^ pour la Toussaint, selon le caprice des éditeurs), on lit un exorde, qu'on pourrait être tenté de rapporter à ce sermon, en raison I de la conformité du sujet, et, si l'on en croit l'édition Lâchât, I et toutes celles qui lui sont postérieures, en raison aussi de l'identité du texte : Beati miséricordes.
Mais d'abord ce texte, mis en tête de l'exorde, est une invention de cet éditeur ; et quant aux pensées qui y sont exprimées, si elles paraissent convenir au sermon de la Toussaint pour l'Œiivre des Bouillons, de Metz, c'est uniquement parce qu'elles sont, elles aussi, l'introduction d'un
2. Les éditeurs rendent ceci inintelligible en joignant ensemble les deux paroles annoncées par Bossuet. Ils disent : Venit hora, et nunc est, in qna
3. Suivez dans les éditions, jusqu'à l'Ave Maria (Lâchât, VIII, 89). — Ensuite, mettre leur début : 'i Quand l'ordre des siècles sera révolu »
sermon de charité. Tout autre est, à la vérité, l'œuvre dont elles font partie. Cet Ave est celui du beau sermon sur V Émitiente dignité des pauvres dans V Église. Cette page, différente d'écriture et d'orthographe d'avec le discours auquel on l'a annexée, est au contraire identique à celui (') auquel je la rapporte. On nous l'a donc présentée incomplète jusqu'ici (2), cette œuvre si remarquable, qui a trouvé place, non seulement dans les grandes éditions, mais dans plusieurs recueils de Sermons choisis. On s'en convaincra, loin des manuscrits même, si l'on veut relever quelques expressions de cet exorde, et les rapprocher du sermon bien connu auquel je l'assigne pour la première fois. Le sujet de ce discours est heureusement défini par le titre qu'on lui a donné : V Eviinente dignité des pauvres dans r Église. On doit, telle est la thèse du jeune orateur, Jionorer leur condition, soulager leurs nécessités, prendre part à leurs privilèges. Or voici comment il débutait dans un passage effacé de notre exorde : « C'est l'ordinaire des hommes de faire peu d'état des misérables et d'être peu sensibles à leurs douleurs. Chacun étant plein de soi-même et occupé de ses propres besoins, on ne pense que légèrement à ceux des autres, et on se décharge... » Ici, au moment où la pensée de la Providence se présente à son esprit (car c'est sur elle qu'on se décharge trop volontiers du soin des pauvres), il renonce à ce tour philosophique pour exprimer d'une manière à la fois plus vive et plus chrétienne cette même pensée, qui est, on le reconnaîtra sans peine, l'inspiration générale de tout le sermon. « Le Prophète Roi, chrétiens, écrit-il définitivement, était entré bien profondément dans la méditation de la dureté et de l'insensibilité des hommes, lorsqu'il adresse à Dieu ces beaux mots : Tibi derelicius est pauper : O Seigneur, on vous abandonne le