Lâchât, XU, 107. — 3, Jbid., loi
ainsi qu'en témoigne le manuscrit ('), mieux vaudrait encore conserver dans son intégrité la rédaction primitive, et présenter à part les deux compliments à la souveraine, destinés l'un au commencement, l'autre à la fin du discours.
XVI. Par une semblable licence, le premier éditeur a intercalé dans l'avant-propos du pa>.'.égyrique de saint Gorgon l'allocution à l'évêque auxiliaire de Metz, Bédacier. Elle devait être mise en tête du discours ; et Deforis n'a réussi cette fois qu'avec assez de peine dans son travail d'interpolation : il lui a fallu fabriquer une phrase et l'imputer àBossuet, pour raccorder la fin du compliment avec la conclusion de VAve Maria, avant laquelle il s'est obstiné à la placer : « Vous venez d'entendre, dit-il, le sujet que je dois traiter devant vous ; plus il est important , plus j^ ai besoin des lumières d'en haut pour le faire dignement, et d'une manière qui puisse tourner à V édification de cet auditoire. J> Rien de tout cela au manuscrit (2). C'est du Deforis. Il n'a pas pris garde d'ailleurs que Bossuet aurait dit non pas de cet auditoire, mais de cette audience.
XVII. En général, il y a moins à corriger, et par conséquent moins d'impressions défavorables à l'auteur, dans les exordes proprement dits, ou seconds exordes, que dans les avant-propos. Comme ils font corps au manuscrit avec le reste du discours, ils n'ont pas couru de même les risques d'une dispersion, ou d'une attribution arbitraire.
Il importe cependant, si l'on veut toujours s'en faire une idée équitable, de les soumettre, au besoin, à une revision sévère. Revenons, par exemple, à cet antique discours sur saint Gorgon, dont nous parlions tout à l'heure. Selon M. Gandar, c'est « le plus imparfait que Bossuet nous ait laissé (3).» Pour moi, sans vouloir le surfaire, j'affirme que la fâcheuse