‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inéditsChapitre 51 sur 243 · I. Mss., 12.822, f · texte numérisé non relu

I. Mss., 12.822, f

du sermon est celui que M. Lâchât avait renvoyé, comme variante, après le discours.

XIV.Quand ces doubles rédactions, assez rares.sont venues jusqu'à nous, le premier crayon peut être conservé en note comme pièce de comparaison avec la leçon définitive. Il faut se garder de la tentation d'en enrichir mal à propos des oeuvres tout à fait distinctes de celles que l'auteur avait en vue. C'est ce que font M. Lâchât (') et ses successeurs, dans ce qu'on appelle à tort la Première rédaction de l'ancien sermon pour la Toussaint : Oninia vestra sunt.

XV. Voici un autre cas d'une nature plus délicate. Bossuet ayant repris, comme on sait, en 1659, sur la demande formelle d'Anne d'Autriche, un ancien panégyrique de saint Joseph, composa pour cette circonstance un nouvel avant-propos, qui n'est autre chose que l'allocution à la Reine (2). Cette allocution se terminait par cette phrase, qui devait évidemment amener \Ave Maria: «Je m'adresse à vous, divine Marie, pour m'obtenir de Dieu cette grâce ; j'espère tout de votre assistance lorsque je dois célébrer la gloire de votre Époux. » Les éditeurs, ayant imaginé de joindre les deux avant-propos, ajoutent ici sept lignes, empruntées à l'ancien (2) : « O Marie... » Il est évident qu'elles font double emploi. Il en est de même de tout le début, tiré de l'ancienne rédaction. Il fallait opter. Si l'on prétendait nous donner la teneur définitive du discours, l'allocution à la Reine Mère réclamait la préférence. Mais comme, en réalité, le temps manqua à l'orateur pour remanier son ancienne composition,

1. Avant de donner même en variante cet exorde, dans sa forme primitive, on fera bien d'en reviser soigneusement le texte sur le ms. M. Lâchât débute par cette pièce dans son travail. Mais après l'avoir fait précéder d'un réquisitoire si formidable contre ses devanciers, il joue de malheur à son premier pas, malgré ses promesses emphatiques : il réunit dans sa première page une erreur d'attribution, et de bizarres fautes de lecture : « Intérêts », pour : avantages ; « extravagant », pour : apparent, etc. Il y a un vrai contresens à la fin du premier alinéa : « Comme c'est l'endroit par où il estime plus leur félicité, aussi doit-ce être ce qui nous excite davantage. » — Lisez : « Comme c'est par là qu'ils estiment plus leur féhcité, aussi doit-ce être ce qui nous excitera davantage. »

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