‹ Histoire critique de la prédication de Bossuet, d'après les mss. autographes et des documents inéditsChapitre 96 sur 243 · Études..., I, p · texte numérisé non relu

Études..., I, p

3. Ces locutions supprimées ici par les éditeurs ont été maintenues ailleurs, procédé qui réserve bien des déceptions aux habiles même, qui voudraient trouver la date ^ d'une œuvre uniquement par le style. !'

par « ;yz^^.^j-/V d'opprobres ; » et une distraction de l'auteur ('), qui ajoutait : « Comme il le dit Ini-incine, » a été corrigée ainsi : « Comme il est dit de lui. » Quslques lignes plus loin, cette phrase : « Mais de là, me direz-vous, que s'ensuit-il à notre propos ?!> est traduite ainsi par Deforis: « ...Que s'ensuit-il/c»//;' le sujet que nous traitons ? » En deux endroits on substitue auxquels à esquels, etc.

L'allocution au maréchal de Schonberg et à Marie de Hautefort, sa femme, est d'ailleurs un argument décisif. S'il est vrai que les paroles qui célèbrent les succès militaires du gouverneur de Metz, auraient pu lui être adressées pendant quelqu'une des années suivantes, il n'en est pas de même de celles qui visent indirectement sa vertueuse épouse. Le jeune orateur, après avoir dit au maréchal qu'il aimerait mieux s'étendre sur l'éloge dû à sa piété que sur celui de sa gloire, ajoute délicatement : « Je louerais hautement la sagesse de votre choix, qui vous a fait souhaiter d'avoir dans votre maison l'exemple d'une vertu si rare, par lequel nous pouvons convaincre les esprits les plus libertins qu'on peut conserver l'innocence parmi les plus grandes faveurs de la cour, et dans une prudente conduite une simplicité chrétienne. » Pour comprendre ce qu'il y avait d'à-propos dans cet éloge si mérité de la pieuse amie d'Anne d'Autriche, il faut se rappeler que, bien que son mariage avec le maréchal remontât à l'an 1646, Metz ne la possédait que depuis quelques jours ; dans cette allocution du jeune archidiacre de Sarrebourg (Bossuet avait été nommé à cette dignité le 24Janvier précédent), nous entendons comme un écho des fêtes par lesquelles Metz célébra l'entrée solennelle de la duchesse. Un tel langage serait inexplicable les années suivantes, en 1655, par exemple, date proposée par M. Gazier. La nôtre est si

I. Peut-être pourrait-on nier la distraction, en faisant dire à Bossuet que c'est le Fils de Dieu lui-même qui a prononcé par la bouche d'Isaïe : Saturabitur opprobriis: mais la rapidité de la composition semble autoriser l'interprétation la moins raffinée, qui consiste à supposer une simple inadvertance.

certaine, que nous pouvons la choisir comme point de repère, autour duquel nous grouperons les autres œuvres de cette époque.

— Panégyrique de saint François d'Assise, 4. octobre 16 j2 (').

(Plus de manuscrit.)

En relevant les beautés de cette œuvre de la jeunesse de Bossuet, M. Gandar (') a signalé en l'exagérant un peu, le désordre de la composition, oii « il y a, dit-il, moins de parti pris que d'inexpérience. » *

Il admet pourtant la date de 1655, proposée par M. Floquet.

Il faudrait des raisons majeures pour nous faire admettre qu'en 1655 « Bossuet ne sait pas encore embrasser d'un rapide et ferme regard la carrière qu'il veut remplir. » M. Floquet se fondait sur l'allusion que fait l'orateur à « la fertilité de cette année, » dans là péroraison de son discours. Mais ces paroles, de même que celles qui flétrissent la guerre, et montrent les « campagnes désertes,)) et « les bourgs misérablement désolés, )) ne s'appliquent pas moins exactement à quelques-unes des années précédentes, telles que 1652 et 1653. Dans celles-ci, on devait d'autant mieux apprécier l'abondance que l'on sortait d'une période de disette Q-). N'est ce pas ce que signifient ces autres paroles: « Jetez, jetez les yeux sur tant de familles nécessiteuses qui n'osent vous exposer leurs misères ; sur les vierges de JÉSUS, que l'on voit presque défaillir dans leurs cloîtres, faute de moyens pour subsister ? )) etc.

En l'absence du manuscrit qui permettrait sans doute de trancher la question, nous avons quelques indices dans le style : les locutions les plus archaïques se rencontrent dans

1. Sur la nature et l'époque d'un autre Exorde, ou mieux d'une esquisse d'un f;utre Panégyrique du même saint, voir ci-après, année 1670.

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