‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 100 sur 173 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Syne a été de tous les temps , depuis les sièdes les plus reculés qui nous soient connus jusqu'à nos jours 9 le théâtre d'un syncrétisme remarqua*ble : plusieurs doctrines diverses y ont été pro«fessées à^toutes les époques. Cet état des choses ne saurait pas non plus nous surprendre. Si des peu*^ pies qui ont érigé l'isolement en principe, tels que les Égyptiens et les Juifs, ont néanmoins reçu des croyances étrangères dans leur sein, à plus forte raison ce phénomène doit* il se- faire remarquer dans les doctrines d'une nation qui ne s'en défendait point par le même principe, et qui s'est trouvée 'dans des rapports aussi éten* dus que variés. Tel a été le sort de la Syrie. Le peuple qu'elle logeait sur ses côtes , celui des Phéniciens , branche syrienne ^ , originaire de la Perse, était essentiellement cosmopohte, et formait , pendant plusieurs siècles , l'agence du monde ancien.

En effet , les Phéniciens se trouvaient presque aussi habituellement «ur les côtes de l'Egypte, de l'Afrique proprement dite, de l'Espagne, de la

1 Les Phéniciens n'étaient absolument qu'une subdiyi* sion des Sjriens; les anciens ne distinguent pas même toujours leurs noms.

Grèce , et peut-être de l'Inde , que sur cdles de la Syrie. Us possédaient des établissemens fixes dans la plupart de ces pays, et, en Egypte, ils entretenaient une colonie jusque dans le sein de Memphis^ Leurs communications avec l'Asie centrale, et nommément la Perse, étaient également fréquentes ; et si le commerce a été le principal mobile de ces relations , le culte et les croyances s'en ressentirent encore plus ou moins. Le peuple qui apportait à tant d'autres son alphabet et ses traditions religieuses, a dû recevoir à son tour des doctrines étrangères. Autant il aimait à conimuniquer sa religion 'à ses colonies^, autant il paraît avoir mis de calcul et d'empressement à l'adapter à celle des nations qu'il était dans le cas de flatter par des motifs quelconques. Nous voyons les prêtres de Tyr, pressés par Alexandre , saisir toutes les analogies qu'offraient

1 Hérodote ; n 9 112.

2 Hérodote^ 11^ 44; 112^ sur les temples d'Hercalea Gades et dans l'ile de Thasos. Cf. Mûuter, Veher die Reil' gion der Karihager. Sickler ^ Kadmus ; Hœck , Kreta; Welcker^ Ueher eine Kretische Colonie in Thehen, Les alphabets des Phéniciens et des Egyptiens ont la même origine. Voyez MM. ChampolHon et Letronne^ dans le Précis d|i

, syst. biérogl.; I^ 69^ i^o^.

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