‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 130 sur 173 · CHAPITRE IL 35l · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL 35l

En général, tout ce système se rattachait aux opinions dominantes du siècle , et ne déviait pas trop de renseignement apostolique, tel que venait de l'établir la seconde génération des docteurs qui avaient succédé aux apôtres. Il n'est guère d'école gnostique qui ait enseigné avec plus de sagesse, plus d'érudition et plus de talent, que celle de Bardesanes ; elle pouvait devenir, par conséquent, l'une des plus nombreuses; le terrain qu'elle occupait semblait des plus favorables; cependant les bardesanites se sont bientôt éteints dans les rangs des orthodoxes, où ils avaient été réduits à cacher leurs croyances.

Il est vrai qu'Harmonius , que son père avait fait élever avec soin dans les lettres grecques, lui succéda dans la direction de son parti; qu'il composa des hymnes religieux qui furent adoptés par l'ÉgUse orthodoxe, comme l'avaient été ceux de son père, et qu'il enseigna, en psychologie, quelques opinions nouvelles, empruntées les imes à la Grèce, les autres à l'Orient*. Il est vrai qu'un autre disciple de Bardesanes , Marinus ,

1 11 enseigna la mëtempsjcose et la palingënésie. Cf. Sozomène, Hisi, écoles,, lib. III, f. 16.

développa, avec infiniment d'esprit et de sagamé , les opinions de son maître, et que ces trois premiers chefs eurent de nombreux partisans dans toute la Syrie; cependant leur secte ne se conserva guère au-delà du cinquième siècle de notre ère. Ils avaient^ taché 9 dès l'origine, de rester, dans les communautés chrétiennes; ils s'efforcèrent constamment de s'y maintenir, et bientôt la nécessité de s'y cacher fit disparaître, dans leurs institutions, tout ce qui caractérisait un parti. L'esprit de Simon le magicien, qui avait désiré entrer dans la communauté chrétienne, et qui n'en était sorti que par anathème, paraît avoir passé dans toutes les écoles qui se rattachaient à la sienne. Quant aux bardesanites, il leur fut d'autant plus facile de se confondre avec les orthodoxes, qu'ils admettaient tous leurs codes, et que leur morale était pure. Il est vrai que S. Éphrem, qui ne peut jamais se persuader d'en avoir dit assez de mal, leur reproche des mœurs licencieuses; mais cette accusation banale, que tous les partis, s'adressent les uns aux autres dans les premiers siècles de notre ère, doit se Juger d'après les injures dont cet écrivain accable partout les bardesanites. Il les compare indistinctement aux chiens et aux renards.

Page 1