CHAPITRE II
Les révélations communiquées aux hommes par le Christos, sur les mystères de leur origine et de leurs destinées, expliquent, disait Bardesanes, cette }oie, cette confiance, cet espoir, cet amour du ciel, avec lesquels le chrétien porte ses regards vers sa céleste patrie, et aspire au bonheur de prendre part, un jour, au banquet de Pétemité, que l'Esprit saint prépare pour tous ceux qui s'élèvent au plérôme, et qui y célèbrent, dans des alliances d'une ineffable félicité, leur déUvrance des entraves d'un monde auquel ils étaient étrangers, et leur retour dans les lieux où tout est perfection, où tout est harmonie/
Nous nous sommes déjà expliqués sur ces allégories de banquets et d'unions conjugales, qui se trouvaient alors généralement répandues, que nous rencontrerons encore dans le système de Valentin, et que nous avons signalées dans les écrits apocryphes comme dans les livres canoniques du christianisme primitifs Elles semblent être d'une nécessité absolue au riiysticisme de
1 S. Matthieu, ch. 2 5,, y. 1 à 10. Selon l'auteur des Clémentines ou des homélies attribuées à S. Clément de Kome, Dieu lui-même se réjouit de son alliance ayec la Sophia. HonUL 16, c, 12. C'est une idée talmudiqae.
l'Orient; elles sont dans le . zoroastrisMe ^ , et il ne faut pas nous étonner si elles se retrouvent, avec des modifications empruntées au génie, ou plutôt aux mœurs des Arabes , dans le système de Mahomet, qui n'est qu'une copie de ce qui l'avait précédé.
Quoique cette idée soit reprochée durement aux bardesanites par les ordiodoxes des temps postérieurs, leur système fournit la preuve de leur innocence : puisqu'ils niaient la résurrection des corps, rien ne pouvait être plus -pur que leurs alliances , av^vytoct , dans l'éternité ! Us ad^ mettaient, à la vérité, que l'ame revêtirait un jour une sorte de corps; mais c'était un corps pneumatique j et ils défendaient leur opinion autant par des considérations empruntées à la psy* chologie, que par des raisonnemens tirés des saintes écritures. Le roi David espérait seulement que son ame serait, délk^rée de la mort^; et S, Paul, avec tous les théosophès de l'antiquité, considérait son corps comme une prison. ^
1 ZencUAyesta^ t. n, p. 4i3 et suivantes.
2 Psaume 56, i3. . ^
3 Epître aux Romains, ch. 7, y. 2^. Dial. de recta fide, p* 862 f A. B.