‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 65 sur 173 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

U résvilte^ d'un autre <:6xé^ de l'examen auquel nous venons de soumettre les codes chrétiens, et dé nos recherches. sur les enseignemens qui en ont précédé la rédaction, que les anciennes doctrines mystérieuses de la Grèce, jointes à celles des écoles philosophiques et "aux développemens que les imes et les autres ont reçus dans Alexan*^ drie, particulièrement dans l'école judaïque de cette docte cité, se sont rencontrées de nouveau avec les spéculations orientales, dont elles s'étaient détachées originairement Elles se sont confondues ensauble en JÊgypte, en Palestine et en Asie mineure , après la migration que fit le parsisme avec ses branches, par les communications si multipliées, qui s'établirent entre les Perses, les Juifs et les Grecs, par suite de la captivité de Babylone et des bouleversemens d'Alexandre. .

U résulte, enfin, de tout ce que nous avons vu sur ces doctrines, qu'elles forment, depuis les époques les plus reculées jusqu'à l'apparition du christianisme, ime chaîne d'enseignemens qui se rattachent les uns aux autres sans interruption et ^s lacune.

Si tels sont les résultats, du chapitre que nous terminons , il va résulter de celui que nous, allons aborder, que le gnosticisme est le dernier

et le plus brillant des anneaux de cette chaîne aussi éclatante de richesse que de beauté. En effet , Euphrate, Simon le magicien, Cérinthe, Mé^ nandre et Dosithée, les premiers auteurs du gnos^ ticisme, se rattachent tellement, d'un côté, aux derniers docteurs du parsisme, du judaïsme, de la Kabbale et de l'école philonio-égyptienne , et, d'un autre côté, aux Saturnin et aux Basilides, les premiers chefs des grandes sectes gnostiques, qu'il n'y a proprement ni lacune ni interruption. Le ^osticisme commence donc avec le christianisme; et si ce dernier n'avait point, par la puissance des doctrines qu'il enseigna et des mouvemens qu'il produisit, absorbé la principale attention des auteurs chrétiens dé cette période, ils nous feraient connaître, sans doute, un bien plus grand nombre de ces chefs qui précédèrent les BasiHdes, les Valentin, les Saturnin, les Bardesanes, les Cerdon et les Marcion. Plus le christianisme se répandait en Egypte, en Orient et en Grèce, plus il devait acquérir de partisans qui alliaient au désir de recevoir des lumières, l'orgueil d'en donner. Les hommes qui avaient vu ce qui s'était passé avant eux, savaient avec quelle &cilité les opinions persanes^ assyriennes et chaidéennes s'étaient jadis confondues sur les bords

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du Tigre et de TEuphrate, les opinions égyptiennes et grecques sur les bords du Nil, les opinions persanes et judaïques sur ceux du Jourdain; ils devaient se flatter que les opinions chrétiennes se mêleraient, à leur tour, avec celles de toutes les régions où elles venaient pour s'établir. Et, sans doute, si l'esprit humain a suivi, en adoptant le christianisme, la marche q[u'il avait suivie auparavant pour d'autres opinions, ce syncrétifime, qui forme l'essence de la gnosis, était iné-^ vitable; et dès-lors nous concevons que S. Pan» tène, qu'on accusa de stoûnsme; Justin, martyr, et Athénagore, qui se ressentaient du platonisme ; Âuunonins, qui flottait entre Platon et Jésus- Christ; Origène et S. Clément d'Alexandrie, qui furent éclectiques ou syncrétistes; Tatien et Manès, qui se rapprochaient des doctrines orientales; et, enfin, Tertuliien et S. Augustin, dont l'un avait penché pour l'Orient et l'autre pour la Grèce, ont dû avoir plus d'un prédécesseur, qui fraya la route aux philosophes que l'on a considérés jusqu'ici comme les fondateurs des écoles gnosûques.

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