‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 64 sur 173 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

le temps sans bome»^ Les profondeurs de Satan ^ que l'homme ne saurait sonder ^ ; le triomphe qu'il obtient, pendant quelque temps^ par ses ruses et ses yiolehces; Tenchaînement, par un aoQge^, et la réprobation dont U est l'objet ^ ainsi que sa précipitation dans le lac de métal; ses noms de serpent et de dragânj et, en général, toute la lutte des esprits ou des armées célestes obntre les méchans^, sont encore autant d'idées et de désignations égalaient reçues dans le Zend- Avesta, la Kabbale et la gnose. Les gnostiques ont pu pfèndre, surtout dans ce livre et dans le tableau qui présente la lutte entre la femme entourée de lumières, et le démon des ténèbres, leurs spéculations si remarquables sur la sophia et ses souffrances^. Enfin, les idées de la garde

1 Gh. 1 ^ V. 8.

% Gh. 2, T. 24*

3 Gh. i3, V. 5.

4 Ch. 20; T. 1^ 2.

5 Gh. 12, Y. 7. On trouve même dans l'Apocaljpse la singulière idée du parsisme^ qui considère quelques-uns des plus yikins animaux comme autant de dews ou de yéhicules de dews. Gh. 16^ y. i3.

6 Ch. 12^ y. 1 à 6.

de la terre par un bon ange , le renouvdlement de ce globe et celui des cieux, ainsi que tout le triomi^e des hommes saints et purs , sont, sans doute, autant de vérités orthodoxes opposées aux systèmes dont les doctrines planaient devant les yeux du prophétique auteur de l'Apocalypse.

Nous ajouterons à ces traits, qui concernent les idées et le langage , quelçpies observations sur les symboles qu'emploie cet écrivain. X

Le mauvais génie, le chef de l'anpire des ténèbres, est caractérisé de la même manière dans le parsisme, le judaïsme, la Kabbale, Ife christianisme et la gnose : c'est le rusé serpent, le vieux dragon. Le génie qui ramène les hommes égarés par la chute , qui protège les bons et les appelle à la résurrection , est peint avec une faucille : c'est le Kxç-^s^iriÇy le horus de la gnose. Une marque particulière, (rCPçctyïçj distingue, comme chez les gnostiques, ceux qui ont pris part à la rédemption de ceux qui persévèrent dans les ténèbres 1, L'or et les vétemens blancs sont les signes d'ime haute perfection, d'une pureté, divine*, comme dans le parsisme^, tandis que le bois de

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1 Gh. 9, y. 4*

2 Gh. Zy y. i8.

GBAFITHB IL I76

la vie*, ^A^y rik ^o^s^ qui n'est autre que le bm de la eroix, avec une allusion mystique à l-ari)re de scÎAct et de vie du paradis, et Fépée flttnbojamc à àeax tranchans ^, iBgurent dans les tbéoms de S. Jean, comme èans celles du gnostieisme. Il n'est pas jusqu'au nombre mystérieux de 365 et jusqu'au nom correspondant d'abrasas^ qui ne trouve ui^ modèle dans le nombre si &meux de 666 et dans le nom d^abaddon.^

Les questions qui se sont élevées depuis longtemps, et surtout depuis quelques^ années, sur Taï^ttiticité de TApocalypse et de plusieurs autres écrits apostoliques, sont étrangères à nos recherches. Que ces ouvrages soient de S. Jean et de S. Paul , ou d'autres écrivains du christianisme, ils datent, dans tous les cas, du premier siècle de notre ère, et dès-lors ils constatent les faits que nous en tirons, avec la même garantie, quels qu'en soient les auteurs. Nous dirons pour-" tant que les raisons que MM. Schleiermacherf et Bretschneider ont feit valoir, lé premier, contre Tauthenticité des épîtres à Tite et à Timothée;

1 Ch. 2, T. 7.

2 Ch. 2, y. 12.

3 Gh. i3^ y. 18.

le secojid , contre celle der l'évangile , des épitrès et de l'Apocalypse de S. Jean , nous paraissent Victorieusement combattues, ainsi que ces écrivains semblaient le désirer eux-mêmes, par les réponses de quelques-uns des critiques . les plus distingues de nos jours. La considération que certains gnostiques ont rejeté les épîtres de S. Paul, est' balancée par celle que beaucoup d'entre eux s'appuient sur les ouvrages de S. Jean.

Il résulte 4ûnc de tous les principaux monumens du christianisme, et avec une évidence incontestable, que les doctrines persanes, judaïques, kabbalis tiques, philoniennes et gnostiques, étaient répandues, dès Tépoque des apôtres, dans la plupart des pays où ils vinrent établir la religion qui devait remplacer toutes les autres, et particulièrement dans l'Egypte, la Palestine, la Syrie,^ l'Asie mineure et les régions ou les îles qui toucb$ient à ces contrées.

Il en résulte, en second lieu, que ces doctrines s'étaient déjà glissées, vers la fin du premier siècle, jusque dans le sein de la société chrétienne ^ et que, dans plusieurs communautés, des chefs puissans formaient déjà école contre les apôtres, en enseignant ces doctrines.

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