CHAPITRE III. l8l
discussion offre de Tintérêt; c'est à cause de la question sur Foiginé des ophites, qui s'y rattache.
Origène, dans son ouvrage contre Celse ^ reproche à ce philosophe, d'avoir . puisé .ses . argumens contre la reUgion .chrétienne dans les croyances des sectes qui se sont détachées de l'Éghse, et surtout dans les opinions des ophites, ses plus ardens ennemis, au lieu d'avoir consulté la foi des chrétiens orthodoxes et les codes sacrés, qui en sont la source la plus pure^n Les ophites, « dit Origène , ne sont pas chrétiens ; ils sont « les plus grands adversaires de. Jésus -Christ ^ C'est de cette donnée qu'est parti M osheim pour considérer les ophites, non comme une secte chrétienne^ mais, comme une secie judaïque ; et, quoiqu'il n'ait aucune estime pour la chronologie de S. Philastre de Bresse, il cite cet écrivain ^ pour établir une hypothèse de la plus haute impcH'tance, celle que la secte des ophites est antérieure au christianisme; qu'une partie, de cette secte a cru pouvoir adopter quelques principes de cette
1 Lib. VI, S- a8, p. 294? fd* Spencer.
% Hœres* VI.
i8à BEcrion i.
religion, tandis qu'une autre a conservé pour Jésus-Christ la plus profonde aversion ^ U& autre passage d'Origène , ' où cet écrivain rapporte que les ophites parlaient avec respect d'un certain Euphrate, dont ils tenaient leur doctrine^, a montré à Mosheim le fondateur de la secte aniéchrétienne qu'il avait découverte, et un passage des actes du sixième concile gâiéral, tenu eii sht cent quatre-vingt-un^ où Euphrate est ncminié après trente^uatre autres gnostiques, dont queLques-'Uns n'ont jamais ensté \ lui a un connaître Euphrate comme le plus ancioi des gnostiques. U y a plus, un .surnom donné à ce docteur si inconnu, celui de Persicus, prouve, aux yeux de Mosheim, l'origine orientale de sa personne et de son système, et lui fait voir, dans Tun et Fautre, ce mélange de asoroastrisme et de judaïsme, qui, pour d'autres auteurs, est, heureusement, mieux attesté par des monumens que par des combinai* sons de ce genre.
Nous croyons n'avoir omis aucune partie de
1 GeschUhte der ScMangehbrUder, p. 19 et suivantes, a Orig. c. Celsum, version de Mciheim, p. 647* 3 Harduini colhcU conciiior., t. m, p. i%6j.