‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 75 sur 173 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

On voit que £ette intelligence ou cette con* cepdon de l'Etre suprême r^M>nd parfaitement à TEnsoph de la Kabbale, à l'Ormuzd de Zoroas* tre, au Logos de Platon et à la Sophia, de Phi* lon^ Cependant Simon n'est pas simple copiste; que nous suivions Théodoret ou Irénée, il a mo-* difié la doctrine des maîtres.

C'est surtout dans l'explication de la grande énigme du gouvernement du monde, résolu aU^ leurs par le dualisme, que Simon est original.

Si le m(mde est mal gouverné, s'il y a des désordres moraux et physiques, des injustices et des violences, ce n'est pas la méchanceté de quel* que dieu puissant qui en est la cause ;*c'est un tort accidentel , et qui ne se remarque que dans le monde inférieur. Les esprits créés par la première pensée de Dieu, et installés par elle dans le gouvernement àa monde, sont devenus jaloux de sa supériorité ^. Ils se sentaient humiliés du rôle de simples agens, et ils résolurent de s'en affranchir. Ils la saisirent, la retinrent leur captive, détachèrent le monde inférieur, dont ils étaient les maî-

1 Cf. Clemens^ HanùLy I3f* H, c, a 5*

a U y a là quelque chose de la |aloiiiie d'Ahriman.

^OO 6ECTION I.

Ires, du inonde supérieur, auquel ils étaient sujets, et, pour n'avoir pas à craindre le retour d'Ennoia dans sa première domination , ils la reléguèrent dans des corps humains ^ Dès -lors le mal , ou du moins Fimperfection , avait triomphé du bien , et dès-lors on devait comprendre la triste marche des choses de ce monde.

Avant Simon, on avait admis également la lutte du Bien et du Mal, représentés par des armées de génies; mais, du moins, on nWait pas enseigné le triomphe formel du mal. L'histoire contemporaine de Simon, qui n'est que le tableau des progrès de tous les genres de désordres, foumiralt-eile donc l'expUcation de son enseignement ?

Ennoia, sujette à la métempsycose, esclave des formes et des lois du monde matériel, incapable de s'y développer librement et de s'élever jusqu'à

1 On retrouve partout, dans l'antiquité, cette idée de sdssîon entre le bien et le mal , la lumière et les ténèbres^ le monde supérieur et le monde inférieur ; et c'est toujours la jalousie, effet de l'orgueil ^ qui est l'origine de cette scission, de ce désordre. L'orgueil était donc bien puissant; aux jeux des sages, pour être considéré par eux comme le iQobile de tant de catastrophes.

Page 1