‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 89 sur 173 · CHAPITRE lîl. a · texte numérisé non relu

CHAPITRE lîl. a

chantes, qui ont toujours forcé les historiens du gnostiotsme à rejeter une moitié des anciennes données, et leur ont permis de se moquer de Tau* tre moitié, plus on se trouvera près de la vérité.

Si les &its et Jes considérations que nous venons d'exposer, prouvent quelque chose, il me semble qu'il en résulte, d'une manière incontestable, que, long-temps avant les années 1 20 à 1 4o de notre ère, époque d'explosion des grandes doctrines gnostiques< il s'est trouvé sur toutes les plages orientales de la Méditerranée, c'est-àdire en Egypte, en Palestine, en Syrie et en Asie mineure, sans exclure les îles de ce rayon, un nombre considérable d'auteurs et de sectateurs de doctrines très-différentes du christianisme, dû judaïsme, du parsisme et du philonisme, et pourtant très^nalogues à ces systèmes, et plus analogues encore , dans' leurs élémens , aux systèmes des gnostiques.

Ce ne sont pourtant pas des . systèmes dans le sens de la pl^ilosophie occidentale , c'est-à-dire defii corps de doctrine, où les principes et les conséquences se lient dans une suite de raisonnemens précis, rigoureux; où rien n'est avancé sans preuve; où rien ne parle ni à l'imagination ni au sentiment; où t<mt plaît à la raison; où tout est raison.

a54 6ECTION I.

Ce sont plutôt 4es systèmes dans le sens oriental, des opinions y des croyances, des vues fiagmentaires, mais plus puissantes sur le cœur et l'imagination de ceux qui les enseignent, nialgré l'absence des preuves du raisonnement, que ne le seraient les raisonnemens et les preuves sur la raison de ceux qui les examinebt aujourd'hui

Tel est le génie du monde oriental et de tout ce qui j tient Ajoutez encore que ces doctrines ont dû être bien différentes de ce que leurs ennemis les ont £dtes; ajoutez que nous ne les connaissoiis plus que par la bouche de ces ennemis; ajoutez aussi que les Euphrate, les Simon, les Ûéobe, les Ménandre, les Cérintbe, les Nicolaus, ne furent ni des Aristote, ni des Platon, ni des, Philon, ni peut-être des Zproastre; qu'ils ne furent pdiit des esprits du premier ordre, ni des docteurs de la plus haute érudition, et que leurs systèmes peuvent, par conséquent, porter quelques traces d'imperfection de plus que d'autres systèmes. Nous aurions néanmoins le tort le plus singulier, de vouloir les mesurer à notre taille; et l'écrivain qui les jugerait d'après les principes de la philosophie critique de nos jours, manquerait à toutes les règles d'une critique raisonnable. Or, c'est pourtant ainsi que nous sommes habitués à les^oir traités.

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