‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 98 sur 173 · CHAPITRE I. !25l · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. !25l

gnaic^t les platoniciens , c'est-à-dire créant et agissant dans le monde visible comme agent de rintelligence suprême S tachant d'y réaliser les idées que lui communique cette intelligence » et qui surpassent ses conceptions.

Ces idées philoniennes et platoniques se confondaient facilement ayec celles du judaïsme, qui considérait les anges comme les organes des volontés suprêmes, qui leur attribuait les révélations Élites à leurs pères, et la législation de Moise elle-même. Le démiurge, dans ce système, était, sans doute, un être moins parfait que Dieu; mais il était loin d'être un mauvais, génie ; et les Juifs , qu'il gouvernait lui-même, comme le premier des anges, tandis que d'autres peuples n'étaient dirigés que par ses subordonnés {ce qui se voyait jusque dans la différence des révélations que possédaient ces peuples), étaient la nation favorisée : leur code sacré et la création toute entière, telle qu'ils l'en-* tendaient , étaient les symboles d'un ordre de choses supérieur. 'Ces gnostiques judaïsans convenaient, au reste, que, chez les Juifs eux-mêmes, les pneumatiques ou les gnostiques, connaissant le Dieu suprême , étaient fort rares ; la plupart

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étaient, au contraire, des hommes de chair ^ qui prenaient les manifestations du démiurge pour celles de Dieu, ou des psychiques, que le dé- 'miurge devait nécessairement conduire par le^ moyens ordinaires du châtiment et de la récompense, tandis que les autres se guidaient par la lumière qui se communiquait à leur esprit dans leur contemplation des choses divines.

Dans l'école de Syrie , le démiurge est tout autre chose : il est une puissance orgueilleuse , jalouse et ennemie de l'Etre suprême; il a un empire à lui, et, avec ses anges, non-seulement il veut se rendre indépendant de Dieu, il veut combattre son influence. L'école de Syrie, ne tenant aucun compte des mœurs et du langage des anciens temps , trouva le démiurge , tel qu'elle l'entendait, dans les codes des Hébreux; car elle lui appliqua tous les anthropomorphismes les plus forts qu'ils lui prêtent , et l'on conçoit dèslors qu'elle a pu trouver dans ces codes mal interprétés, la parfaite image de son jaloux et vindicatif créateur. Aussi reprochait- elle aux Juifs de l'avoir pris pour l'Etre suprême, qui pourtant ne s'est révélé, selon elle, dans toute la création matérielle, que par quelques germes de lumi^e, dont le démiurge s'efforce encore de paralyser le

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