‹ Histoire critique du gnosticisme..: et de son influence sur lessectes religieuses etChapitre 97 sur 173 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

la Syrie comme le premier foyer où éclatèrent les flammes du gnosticisme chrétien.

L'école de Syrie se caractérise aussi comme plus ancienne, en ce qu'elle est plus simple et jAis sobre dans ses théories que celle de l'Egypte.» Son idée dominante est le dualisme de l'Asie centrale, et .le dualisme se présente chez elle sous les véritables formes de l'intuition orientale , tandis qu'il revêt en Egypte celles de la spéculation grecque. Ici , en Egypte , c'est l'idée de la ma- * tière, dans le sens de l'école platonique, qui prédomine, avec ses attributs du vide^ des tenèbres^ ^ de la mort, en sorte qu'elle ne s'anime que par la communication d'un principe de vie divine. Ce qui résiste à cette communication est Satan, ou bien la matière; c'est-à-dire, ce qui ne participe pas à Dieu, qui ésMout, est considéré négativement, et par abstraction, comme la limite, l'écorce extrême de ce qui existes ce ^ réduit le dualisme en panthéisme^. Là, en

1 Le niD'^Vp de la Kabbale.

2 henxus j4dç. Aœres., II, v. 4- Dans celle conceplion, 1& création elle-même est comprise dans le plérôme, et ^J forme qu'une iac^ dans une iunique, ce qui offre bien <^e que la spëculaticm connaît de plus hardi.

^5o SECTION IL

Syrie, le daalisme, d'accord avec le parsisme, admet, au contraire, un second principe intellectuel, très-actif dans son empire des tto^res, et très-audacieux contre l'empire des lumières. Cest aussi dans ce sens que les saHens entendent le dualisme.

Quant à l'origine du monde intellectudl et du monde inférieur, toutes les écoles gnostiques sont d'accord sur les deux principes de l'émanation et de la création par le démiurge. Le monde intellectuel est le déploiement des facultés de l'Être suprême, du Père inconnu; il s'est £dt par une suite d'émanations : le monde inférieur , au contraire, est loin d'être l'ouvrage de Dieu; il est celui d'une puissance inférieure. Mais, quant à la naturç de cette puissance et au mode de ses créations , les écoles de Syrie et d'Egypte se partagèrent encore suivant l'influence du parsisme sur l'une , et celle du platonisme sur l'autre. L'école d'Egypte se rattache, d'un côté, aux idées de Philon sur la création du monde par les anges ou les ministres de Dieu, ayant à leur tête un chef qui gouverne tout S et, d'un autre côté, aux idées de l'ame du monde, telle que l'ensei-

1 Voj. ci-de88us, p. 63.

Page 1