CHAPITRE IL
l'université impériale.
Développement du monopole, et asservissement des écoles particulières.
Le coup inouï frappé par l'établissement du monopole, ce brusque passage de l'indépendance à la tyrannie, cet anéantissement inopiné, illégal, d'une liberté si chèrement acquise, frappèrent la France de stupeur. On n'y voulait pas ajouter foi.
Appuyés sur les promesses constitutionnelles, sur les articles de toutes les chartes révolutionnaires, sur le bon droit et l'équité de leur cause, sur la force de la propriété, les chefs d'institution, libres hier, esclaves aujourd'hui, ne pouvaient croire à ce changement. Comment concevoir, après tant d'années de traverses , après tant de discours et tant de lois, que d'un trait de plume, le fruit de leurs labeurs, le résultat de leurs peines, les établissements si difficilement constitués, soutenus par tant de sacrifices, leur fussent ravis, à moins qu'ils ne se soumissent au caprice du maître, et aux exigences intolérables d'un décret entaché d'illégalité? Il fallait mourir ou entrer dans l'Université en passant sous
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le joug de ses grades, de ses brevets, de ses impôts! C'était impossible; on essaya de résister, on réclama, on voulut interpréter : on doutait toujours.
L'empereur seul ne doutait pas; pour lever les hésitations, il fulmina un nouveau décret.