PROCLAMATION DE LA LIBERTÉ. - CONSERVATION DU MONOPOLE
Après de si longues souffrances, la liberté de l'enseignement s'inscrit enfin dans le pacte constitutionnel de i83o. L'espérance put renaître; la Charte semblait avoir hâte de la réaliser, et elle imposait au gouvernement nouveau l'obligation d'abréger les délais qui retardaient encore la satisfaction de vœux si légitimes. Voilà bientôt quatorze années révolues , et la promesse n'est pas accomplie. C'est le cas de rappeler le mot de Tacite : Dedimus grande patientiœ documentum !
Et pendant ces quatorze années , qu'a-t-on fait? L'Université s'est consolidée, elle a régné par la force et elle a appelé à son aide les armes des tribunaux. Une loi a consacré, à peu de chose près, son joug sur l'instruction primaire; deux projets de loi sur l'instruction secondaire ont échoué devant les Chambres. Nous ne parlerons pas du projet présenté cette année par M. Villemain; il n'est pas encore du domaine de l'histoire.
Mais si la liberté n'a pu passer dans nos lois, elle est dans nos mœurs, elle est dans notre droit;
elle compte d'innombrables défenseurs; elle a pour elle les pères de famille, les liommes de conscience et de foi à quelque culte qu'ils appartiennent, le clergé et l'épiscopat enfin ; tôt ou tard son triomphe est certain.