‹ Histoire critique et législative de l'instruction publique et de la liberté de l'enseignement en France Par Henry de Riancey Depuis la révolution de 1789 jusqu'à nos joursChapitre 1 sur 82 · PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE · texte numérisé non relu

PÉRIODE RÉVOLUTIONNAIRE

(de 4789 A 4806.)

Avec la révolution de 1789, une ère nouvelle s’ouvre pour la France. Le principe de liberté, placé à la base même de la constitution, va s’étendre à tous les rapports de la société. Dans l’ordre politique, il crée l’égalité des citoyens devant la loi; dans l’ordre religieux , il autorise l’exercice de tous

2 HISTOIRE DE L’iHSTRUCTION PUBLIQUE

les cultes. L’unité de croyance qui faisait le fondement del’ancienne monarchie, est brisée désormais, et n’a plus pour garantie la sanction de la puissance publique. Ce n’est plus le baptême qüi donne, avec la naissance spirituelle, entrée dans l’État. La filiation naturelle confère seule le droit de cité, et une magistrature civile remplace le sacerdoce pour la garde des archives nationales.

Dans ce régime , la liberté de F enseignement trouve naturellement sa place. Établie sur les principes de la loi naturelle, et confirmée par l’usage constant des siècles, elle tire de la constitution politique un nouveau genre de consécration; elle s’étend au domaine de la foi comme au domaine de la science. En même temps Y instruction publique , sécularisée, échappe à l’Église. L’État revendique cet héritage. Saura-t-il le conserver en garantissant les droits et les intérêts de tous, en respectant surtout cette liberté qui n’a jamais été si nécessaire et si solennellement proclamée?

L’époque désastreuse que nous allons aborder couvre la France de ruines. Impuissante, malgré ses efforts, à organiser aucun établissement d’instruction officielle, elle use le génie et l’activité de ses législateurs dans de vaines conceptions et d’inutiles projets; parfois elle paraît sur le point de porter atteinte au principe qu’elle a inscrit en tête de ses lois. Mais, si elle n’a pas en ces hautes matières perdu tout honneur devant la postérité, c’est qu’au milieu de ses continuels orages, elle finit toujours par s’incliner devant ce principe sorti victorieux et immuable de ses mobiles constitutions.

ET DE LA LIBERTÉ d’ehSEIGWEMENT. 5

La liberté seule, en effet, parvient à sauver Fédu-* cation. Frappée pendaht la tourmente révolution naire, aux premiers instants de calme elle reparaît) se réfugié àl’oinbre de la loi, et sème parmi les dé* bris de nouveaux germes de régénération. HeureuSè si elle ne les avait pas vus, à leurs premiers dévé* loppements, étouffés par lé despotisme, devenir la proie du monopole!

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