‹ Histoire critique et législative de l'instruction publique et de la liberté de l'enseignement en France Par Henry de Riancey Depuis la révolution de 1789 jusqu'à nos joursChapitre 41 sur 82 · III. Remontrances de l’épiscopat · texte numérisé non relu

III. Remontrances de l’épiscopat

IV. Réclamations de la presse et des jurisconsultes. — MM. Du' bois , Duchâtel , Berryer , etc.

Les dernières années de la Restauration occupent \ une triste place dans l’histoire de l’enseignement.

A l’aide des passions révolutionnaires et de l’impiété philosophique, l’Université consomme la ruine des seules écoles rivales qui avaient pu résister à l’action funeste de son monopole. La liberté des citoyens et des pères de famille, un instant réfugiée sous la liberté de l’épiscopat, est anéantie.

Le pouvoir semble livré à cet esprit

de vertige et d’erreur,

De la chute des rois, funeste avant-coureur.

* Ordonnance du 4 janvier i8a8. • J

336 HISTOIRE DE t’ÎWSTRDCTION PUB1IÇTOE

Et bientôt^ abandonnée par le monopole dont elle n’a pas contenté les insatiables exigences; abandonnée par la liberté qu’elle a sacrifiée, la royauté se trouvé seule en présence des factions , et disparait dans la tempête.

I. Ministère de M. de Vntimesnil. — Ordonnances du 16 juin 1828..

Le nouveau cabinet s’imaginait qu’k force de concessions il pourrait apaiser les murmures et satisfaire les exigences de l’opposition prétendue libérale. Il commença donc par lui offrir ert holocausfè les droits èt les libertés de l’Église.

Ainsi, le premier acte de l’administration de M. de Yatimesnil, fut d’enlever aux évêques la surveillance des écoles primaires calliolkjues, qu’il fit rentrer sous le joug du monopole *. Cé gage ne suffit pas. Ce que voulait la colère de l’Université, ce que réclamait la haine voltairienne, c’était là destruction des petits séminaires, et particulièrement des huit écoles secondaires ecclésiastiques, dirigées par les Jésuites, et dont la direction sage et religieuse , l’instruction supérieure, l’éducation et les bonnes mœurs, étaient un reproche permaherit et une condamnation vivante des collèges royaux. M. Portalis se chargea d’accomplir le sacrifice.

Toutefois, il n’osa pàs dès l’abord annoncer tout son dessein. Ukns Son rapport adressé au roi.,

> Ordonnance du ai avril 1828.

ET DK DA LIBERTÉ D’ÉKSEtGïtEMEST. 8§i

le üo janvier 1828 il se borne à exposer que:

La nécessité d’assurer, dans toutes les écoles ecclésiastiques secondaires, l’exécution des lois du royaume est généralement reconnue; les mesures que cette nécessité commande ont besoin d’élré complètes et efficaces ; elles doivent se coordonner avec notre législation politique et les maxiines du droit public français; elles se rapportent à la fdis aux droits sâcrés de lareligibii, à ceux du trône, à l’autorité paternelle et domestique; à U liberté religieuse garantie par la Charte ; elles ne sautaient être préparées avec trop de maturité, puisqu’elles ne demeurent étrangères à aucun des principaux intérêts du pays.

Et il conclut à la nomination d’une commission destinée à examiner Y état des faits , et composée de Mf*r l’archevêqüfe de Paris, le vicomte Làiné, lë baron Séguier, le baron Mounier, le comte A. dé Noailles, l’évêque de Beauvais (M. Feutrierj, M. Dupin aîné , le comte de la Bourdonnaie et M. de Courville.

Le roi approuve. A cette nouvelle les évêques pfenhetit l’alarme, et Msr d’Hermopolis , qui était resté aux affaires ecclésiastiques, leur répond : « U ne saurait être question de détruire ce qui est légitime. . . U s’agit plutôt d’arriver à une connais-

sance exacte des faits , qui pourrait faire cesser des accusations irréfléchies et des préjugés funestes. » En même temps il leur adresse une liste de questions posées par la commission. Dans la seconde partie de cette liste, se trouvaient des demandes telles que celles-ci : « La direction de l’enseignement est-elle confiée à des prêtres séculiers;

1 Moniteur du aa janvier. - .

33a HISTOIRE DE 1,’jr INSTRUCTION PUBLIQUE à des ecclésiastiques faisant partie d’une congrégation ? Et , dans ce dernier cas , quelle est la congrégation à laquelle appartiennent ces ecclésiastiques?» D’après cela, on voyait clairement le but où tendait le ministère. Msr de Frayssinous ne put consentir à couvrir de son nom de coupables manœuvres, et, le 3 mai, il remit son portefeuille entre les mains du roi , et M&r Feutrier, évêque de Beauvais , lui succéda. '

Pendant ce temps, la commission travaillait. Après six mois de délibérations, son rapport était prêt. Le conseil des ministres avait, dès le commencement de juin , approuvé les mesures proposées. Le roi désira avoir l’avis de son premier aumônier :

« S. M., dit monseigneur de Frayssinous dans des notes manuscrites qui ont été recueillies après sa mort 1 , voulut me faire l’honneur de m’entretenir d’une mesure déjà arrêtée en conseil des ministres, et dont, jusque-là, je n’avais pas eu connaissance, touchant les petits séminaires et surtout les Jésuites. Il n’existait d’abord qu’une seule et même ordonnance, dans laqtielleles Jésuites se trouvaient compris ; uniquement par l’article qui portait que nul ne pourrait être employé dans une école ecclésiastique s’il n’affirmait par. écrit qu’il n’appartenait à aucune congrégation religieuse non légalement établie en France. L’ordonnance, contre-signée Portalis, ne m’a été connue, telle qu’elle est , que par le Moniteur. . .

« Après avoir prié le roi de me permettre de m’expliquer en toute liberté, et de me pardonner ce que mon langage pourrait avoir quelquefois d’un peu vif, je lui dis :

* Sire, on ne s’est pas donné le temps de réfléchir ; on dirait que les ministres étaient dans un état d’oppression quand ils ont rédigé l’ordonnance, et qu’elle a été arrachée par violence; il

» fie de monscigntiw de Fmyssinoue, t. II, p. 633. -

ET DE LA LIBERTÉ d’eNSEIGNEMENT. 333

semble qu’elle ait été conçue dans un esprit de défiance et de haine contre l'épiscopat et la religion catholique : tant, dans chacune de ses dispositions, elle est dure, humiliante et pleine, dans son ensemble , de précautions et d’entraves contre les évêques. . . Je l'avoue : pour rien au monde, je ne voudrais contre-signer une pareille ordonnance; je n’aurais pas, le courage de me perdre à jamais dans l’esprit du clergé et des gens de bien

• « Après ces réflexions sur les petits séminaires en général , je me permis des réflexions critiques sur chacun des articles de l’ordonnance, pour en faire sentir , soit les inconvénients, soit l’extrême dureté. Un article où il s’agissait d’exiger que les élèves parvenus à un certain âge, et après deux ans de séjour dans l’école, fussent tonsurés, a été supprimé. Au Heu d’exiger que la nomination, non-seulement des chefs de l’établissement, mais aussi de chacun des maîtres, fût agréée par le roi, on s’est borné aux chefs. Toutes mes autres observations sont, en dernier résultat, demeurées sans effet.

«Poursuivant mon récit, j’ai dit au roi, au sujet des Jésuites : « M. Portalis , Sire, regarde leur existence actuelle en France comme illégale; mais je professe l’opinion contraire... Les anciennes lois ne leur sont pas applicables: mon opinion, que j’ai soutenue l’an dernier à la Chambre des pairs, est partagée par de très-savants jurisconsultes, tels que M. Pardessus, et M. Dclvincourt, doyen de la Faculté de droit de Paris. Ce n’est plus qu’une agrégation d’individus, mettant en commun leurs intérêts; suivant, parce que cela leur plaît, la règle de saint Ignace, soumis à des supérieurs, mais toujours sous le bon plaisir des évêques, qui peuvent, à leur gré, admettre ou repousser, garder ou renvoyer les maîtres et les chefs d’établissement qui leur sont adressés par les supérieurs.

« Sire, ils sont Français comme moi. Ce sont des prêtres irréprochables qui élèvent ‘très-bien la jeunesse; et ici, on peut s’en rapporter à cette multitude de pères de famille de toutes les parties de la France, qui, depuis quatorze ans, leur ont confié leurs enfants. Quels sont leurs ennemis acharnés ? Ce sont les protestants, les jansénistes, les impies, les révolutionnaires , les plus grands ennemis delà religion catholique et de$

334 HISTOIRE DE l’ INSTRUCTION PUBLIQUE Bourbons. Ce sera un grand triomphe pour ces derniers en particulier , que de voir les Jésuites détruits. Ils s’en réjouiront d’aplant plus, qu’ils peuvent croire que le roi n’est pas sans estinie et sans quelque affection pour les Jésuites. Je me suis tqqjpur* aperçu que le roi n’était pas bien au fait de ce qui regardait cette société, et que, pour ce qui concerne l'ordre légal en cette matière, c’était M. le garde des sceaux qui faisait autorité pour lui

« Je me souviens qu’une fois je tenais déjà le bouton de la porte dp cabinet du roi pour me retirer, lorsque je me retournai pour dire : Sire, qu’il me soit permis de le répéter : cette mesure me parait si fâcheuse , que la nécessité seule peut l'excuser.

« Cependant le roi, voulant réfléchir plus sérieusement encore, et chercher de nouvelles lumières, me chargea de former une réunion d’ecclésiastiques qu’il me désigna. Elle eut lieu le 6 juin à l’Archevêché. Elle était composée de MM. les archevêques de Paris et de Bordeaux, de M. l’abbé Desjardins , vicaire général du dipcèse, et de moi. Je donnai connaissance du projet d'ordonnance et du rapport du ministre qui le précédait : l’un et l'aptre m’avaient été confiés par le roi.

« Le résultat de la délibératjun fut, à l’unanimité :

* |° Que l’ordonnance nous paraissait avoir plus d’inconvénients que d’avantages ;

« a° Qu’aucup de nous ne voudrait prendre sur soi de la coutre-sigper ;

« 3° Que le roi voyait les choses de plps haut que nous; qu’il était juge, par sa qualité de roi, de la position politique de son gquverpemept; que si, pqur des motifs puisés daps un ordre supérieur , dans la nécessité, il croyait devoir prendre cette mesure, nous n’oserious prononcer qu’elle est condamnable.

«Il fut dit aussi que, dans notre opinion, Jps évêques n’avaient violé aucune loi, en confiant leurs petits séminaires à des prêtres professant la règle de saint Ignace. J’avais déjà fait connaître mop sentiment au roi sur ce sujet, c’était celui delà copapaissipp

« pp même temps , M. l’évêque de Beauvais est effrayé du danger d'eucuunc un blâme universel ; il se trouve dans de

ET »E LA LIBERTÉ d'eTÎSEIGNEWENT. B35 cruelles perplexités, fondées, non sur la crainte d’offenser Dieu en contre-signant l'ordonnance, mais sur la certitude de se déshonorer aux yeux du clergé, de beaucoup de gens de bien ot des nombreux amis des Jésuites, et de se mettre dans le cas de ne pouvoir être utile ni au. roi ni à l’Église. En conséquence^ il prend son parti avec courage, s’explique devant le roi en plein conseil, refuse de contre-signer , et donne sa démission. La discussion est très-vive : les ministres àont déconcertés de la résolution de l’évèqpe de Beapvajs, à laquelle ils ne s'attend daient pas, et déclarent au roi que, si leur collègue se retire, ils

sont obligés de se retirer eux-mémes »

- ‘ . 1 • , ) Nous compléterons ces détails pleins d’intérêt par quelques autres puisés à une source aussi authentique 1 :

L’évêque de Beauvais exprima ses scrupules , et déclara que, pas plus qup AL d’Hermopolis, il ne mettrait sa signature d’évêque au bas de l’ordonnance, demandant purement et simplement q se retirer. MAL de la Ferronuays et Ilyde de Neuvillp annoncèrent que la retraite de M. Feutrier serait suivie de lq leur. Alors Charles X, qui vit dans cette parole la dissolution meme du ministère Martignac, sentant vivement la position des hommes et des choses, quittant son fapteqil, et allant yeys Al. Feutrier, lui prit les mains avec beaucoup d’émotion, et les larmes aux yeux : Évêque de Beauvais, dit-il, voulez-vous donc m’abandonner? Non, Sire, répondit le prélat, touché de si hautes instances, mais je ne puis signer un acte qui répugné à la conscience de M. d’Hermopolis.

M. Portalis finit par proppser un moyen terme qqj fut aipsi formulé : le garde des sceaux devait signer l’ordonnance qui supprimait les huit établissements dirigés par les Jésuites, et qui imposait aux directeurs et professeurs des maisons d’éducation l’obligation d'affirmer qu’ils n’appartenaient à aucune congrégation religieuse non légalement établie en France ; le mi-

' Fie Je moiueigneur de Frayssinaut , note de la p. 643 , t. II.

336 HISTOIRE DE l/lNSTRUCTlON PUBLIQUE nistrc des affaires ecclésiastiques devait signer seulement l’ordonnance qui , en limitant le nombre des élèves des petits séminaires, etc-, créait dans ces établissements huit mille demibourses à cent cinquante francs chacune. Ce moyen terme, qui divisait la responsabilité, fit illusion à M. Feutrier.

Les deux ordonnances parurent donc à la date du 16 juin1 ; la première, sous le contre-seing du comte Portalis , contient deux articles :

Art. i". A dater du ïer octobre prochain, les établissements connus sous le nom d’écoles secondaires ecclésiastiques , dirigés par des personnes appartenant à une congrégation religieuse non autorisée, et actuellement existant à Aix, Biltom, Bordeaux, Dôle, Forcalquier, Montmorillon , Saint-Acheul et Sainte-Anne d’Auray , seront soumis au régime de l’Université.

Art. a. A dater de la même époque, nul ne pourra être ou demeurer chargé, soit de la direction, soit de l’enseignement, dans une des maisons d'éducation dépendantes de l’Université, ou dans une des écoles secondaires ecclésiastiques , s’il n’a affirmé par écrit qu’il n’appartient à aucune congrégation religieuse non légalement établie en France.

L’autre ordonnance, contre-signée de l’évêque de Beauvais, limitait le nombre des élèves admissibles dans les petits séminaires (art. i ); le nombre et le lieu des écoles (art. a); elle leur interdisait les externes (art. 3 ); elle imposait à tous les élèves le costume ecclésiastique (art. 4); elle ne permettait d’accorder aux élèves qu’un diplôme spécial , valable seulement pour les grades de théologie(art. 5); elle soumettait la nomination du directeur à l’agrément du roi (art. 6); et elle réduisait sous le joug universitaire toutes les écoles secondaires eoclé-

• j Bulletin des lois , t. LXXIV, p. 553.

siastiques qui ne se soumettraient pas à l’ordonnance (art. 8); enfin, comme compensation de celte honteuse spoliation , elle jetait au clergé huit mille bourses de i5o francs chacune (art. 8):

On se sent pris d’une profonde indignation à la lecture de ces deux ordonnances. D’un trait de plume l’Université entrait en maîtresse et en conquérante dans des établissements qui ne lui appartenaient pas, qu’elle ne pouvait remplacer, dont elle ne faisait qu’un monceau de ruines. Les évêques étaient privés de l’appui que de tout temps ils avaient trouvé dans les ordres religieux pour l’enseignement de la jeunesse sacerdotale. Les canons de l’Église étaient foulés aux pieds, la liberté des familles outrageusement violée, et enfin, la proscription la plus insolente poursuivait des hommes qui avaient bien mérité de leur patrie. L’empereur n’aurait pas mieux fait, et, de ce jour, le catholicisme fut plus libre dans les États du Grand Turc que dans les provinces soumises au roi Très-Chrétien !

II. Protestations contre les ordonnances du 1 6 juin. — Discussion des Chambres. — Plaintes des pères de famille.

Une explosion de plaintes, de doléances et de v protestations accueillit cès fatales ordonnances. Le vieux libéralisme, qui avait rêvé l’anéantissement de tous les petits séminaires, ne fut pas coûtent de la proie qui lui était livrée. A ces clameurs l’Université joignit ses récriminations contre l’influence il »

338 HISTOIRE DE l’ INSTRUCTION PUBLIQUE cléricale. Les pères de famille, indignés, se soulevèrent contre cette violation nouvelle de leurs droits les plus sacrés ; les catholiques y virent la plus coupable atteinte portée à leur foi et à leur liberté; les évêques réclamèrent au nom de leurs antiques prérogatives et de l’indépendance de l’Église.

La lutte commença dans les Chambres. Dès le a i juin , M. le vicomte de Connt, prenant la parole à l’occasion des pétitions relatives aux Jésuites, s’écrie :

La France catholique a répondu par des cris d’alarme à une résolution que nous appellerons fatale; car, dans notre conviction, elle porte atteinte à la religion de l’État, elle blesse les droits consacrés par la Charte

L’orateur démontre ensuite que l’existence libre des Jésuites est une des conséquences de la Charte, cette loi de liberté qui domine tous les pouvoirs de la société en France.

La Charte, dit-il, reconnaît que la religion catholique, apostolique et romaine est la religion de l’État. Donc elle existe légalement dans l’État, avec ses attributs nécessaires, avec la liberté d’agir selon le vœu de sa conscience, avec la pratique des conseils évangéliques , avec les associations pieuses ; car la liberté de conscience est de sa nature absolue et illimitée; et, selon l’expression de Fénelon, nul ne peut forcer le retranchement impénétrable de la liberté du cœur.

Je le dis. Messieurs, avec un sentiment de la plus profonde douleur, et tourmenté par la conviction des malheurs qui nous menacent : si nous cédions au cri des factions, peut-être un jour nos enfants seraient-ils réduits à solliciter cette émancipation que sept millions de catholiques, en Angleterre et en Irlande , demandent vainement encore !

ET DI LA LIBERTÉ d’eUSEIGITEMEHT.

Et de quel droit, Messieurs, dans un temps de liberté, viendrait-on faire violence à un père, et lui défendre de confier ses enfants à tel ou tel homme , parce qu’il porte tel ou tel habit? Ne serait-ce pas là la plus étrange insulte à cette liberté que l’on se montresi jaloux de défendre?

Que l’on ne s’étonne point si nous combattons les pétitions, ou les actes du pouvoir qui essayeraient d’établir envers une classe de prêtres français un droit d’oppression qui bientôt porterait le trouble dans la société tout entière ; nous réclamons contre ces actes au nom de la justice et de la liberté, et nous repoussons tout ce qu’il y a d’hypocrite dans une liberté qui ne serait que de la servitude : car la tyrannie commence lorsque les pouvoirs franchissent leurs limites et portent atteinte à la morale, cet éternel fondement des devoirs. Des désordres graves deviendraient bientôt la suite d’une telle inquisition ; car il y a dans l’homme un sanctuaire où les pouvoirs de la terre ne peuvent pénétrer sans y porter le trouble....

Nous demandons, Messieurs, la liberté de la religion. Nous serons entendus, ou la France aura cessé d’être libre et la Charte aura existé. Si l’on persistait dans de trop funestes résolutions , nous dirions aux dépositaires du pouvoir : Vous allumez un feu qui ne pourra s’éteindre; craignez que le premier acte empreint des marques de la persécution n’en appelle bientôt de nouveaux, car les premiers pas dans une telle route entraînent sur une pente rapide qu’aucune puissance ne peut plus arrêter. Le désordre et l’anarchie naissant alors de toutes parts : par une déplorable fatalité, les plus nobles sentiments, les intentions les plus pures deviennent impuissantes ; et les peuples, fatigués des convulsions de l’anarchie, sont réduits à invoquer le despotisme pour mettre un terme à tant de malheurs.

Cet admirable discours, que nous aurions voulu pouvoir citer tout entier, fit une impression profonde sur la Chambre, malgré ses préjugés et ses haines aveugles; il restera comme un des plus beaux monuments de courage et d’éloquence dont s’enorgueillissent nos annales parlementaires.

aa.

340 histoire de l’instruction publique Huit jours après , la question se représenta avec toute sa vivacité à l’occasion du budget des dépenses. Le 3o juin, M. de Sainte-Marie demanda :

Qu’est-ce donc que ce ministre ( de l’instruction publique ) qui a son conseil, son budget, et pour contribuables tous les peres de famille? Qu’est-ce donc que cette Université, cette espece d I*.tat dans 1 htat, à qui l’éducation publique semble avoir été inféodée, et qui, couvrant le royaume comme d’un réseau, dit avec autorité, aux maîtres: Vous n’aurez le droit d’enseigner qu’avec un diplôme émané de moi ; aux élèves : Vous n’aurez le droit d’apprendre qu’en me payant un impôt; aux uns et aux autres : Vous n'enseignerez et vous n’apprendrez que ce que je veux, comme je le.veux, et autant que je le veux; aux parents, enfin : Voilà des maîtres qui ont ma confiance, peu importe qu’ils aient la vôtre, ou qu’ils ne l’aient pas ; vos enfants seront élevés par eux, ou ne le seront pas du tout.

Dans un tel état de choses , je cherche en vain l’autorité sacrée du père de famille, autorité qu’il tient du Créateur, qui lui a donné le droit et imposé le devoir de veiller sur l’éducation de ses enfants et de la diriger ; droit dont la conséquence est écrite dans tous nos codes, qui rendent le père responsable de la conduite de ses enfants.

Qu’un conquérant qui, dans son mépris des hommes, appelait la jeunesse française matière conscriptive , ou chair à canon, ait imaginé d’établir dans son vaste empire un.système uniforme et despotique d’éducation, cela se conçoit; dans ses desseins de guerre éternelle, il n’avait besoin que de soldats. Qu’il ait voulu, en rendant l’éducation coûteuse, concentrer les lumières dans les classes aisées, et laisser les classes pauvres dans l’ignorance, cela se conçoit encore; ce. système était conséquent avec celui de son despotisme. Mais que sous un gouvernement constitutionnel, lorsqu’on proclame tous lés jours la nécessité de répandre les lumières dans toutes les classes , on persiste à maintenir une institution destinée à servir les vues politiques du gouvernement dont elle était P ouvrage , plutôt qu’à. répandre les

'! ET DE LA LIBERTÉ d’eNSFICNEMENT. 34"* bienfaits rt une éducation conforme aux besoins du siècle , voilà ce qui n’est pas aussi facile à concevoir.

Comment ne s’est-on pas aperçu que ce n’était qu'en luttant sans cesse contre le but même des institutions qu 'ils étaient appelés à mettre en œuvre, que les premiers chefs de l’Université avaient pu parvenir à opérer quelque bien ?

Que le régime d’une autorité unique et absolue était incompatible avec l'esprit libéral de notre gouvernement ?

Qu’enfiù , la taxe universitaire était un obstacle aux bonnes études , et au désir du roi de répandre le. bienfait de l’instruction dans toutes les classes de ses sujets ?

Il serait en effet trop extraordinaire qu’on ne s’en fût pas aperçu ; aussi les trois remarques que je viens de lire sont de l’immortel auteur de la Charte.

Ainsi entamée dans la discussion générale , la lutte fut plus vive encore dans la discussion particulière. M. de la Boürdonnaie se fit le généreux organe de tous les griefs amoncelés contre l’Université, et le vengeur de l’autorilé paternelle outragée. M. le ministre de l’instruction publique, qui depuis a su réparer avec la noblesse d’un grand cœur et d’un haut esprit les erreurs de sa carrière politique, essaya de donner le change, et réfuta victorieusement ce qui n’avait pas été dit, à savoir : « qu’il fallait soustraire l’éducation à toute espèce de surveillance du gouvernement.» En lui répondant, M. de Sainte-Marie rétablit la question dans son vrai jour.

Lé gouvernement , dit-il , peut ouvrir des écoles et leur donner les règles qu’il jugeconvenables, voilà le droit; mais inter- , dire à la jeunesse, avide d’instruction, de la puiser à d’autres ■ sources plus rapprochées d’elle , et dont les abords lui seraient plus faciles f voilà l’abus de la force ! >1 ■" \

34a HISTOIRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

Envisagée sous ce rapport, la question prend un aspect tout à fait nouveau, depuis les deux ordonnances du 16 juin. En effet, il est reconnu que 47,000 enfants reçoivent, à portée de leurs parents et à très-peu de frais, une éducation soignée dans les écoles secondaires ecclésiastiques. Cette voie est dorénavant fermée pour 27,000 d’entre eux, et il est facile de voir que les trois quarts de ceux-ci sont hors d’état de continuer leurs études dans les collèges de l’Université, supposé même, ce dont il est permis de'douter, que ces établissements inspirassent de la confiance aux parents. Avez-vous le droit de condamner dans chaque génération 24,000 jeunes gens k l’ignorance? Avez-vous le droit, si par la libre concurrence ils pouvaient trouver les moyens de se procurer une éducation moins dispendieuse, de leur interdire d’en profiter? Non assurément , ou il faut convenir que le mot de liberté est de tous celui que nous comprenons le moins et dont nous abusons le plus.

Puis, ce fut M. Leclerc de Beaulieu qui déclara « que l’histoire caractériserait la création de l’Université comme Y acte le plus despotique des temps modernes . »

Elle est antipathique, continua-t-il, je ne dirai pas seulement à la Charte, ni à aucun autre régime constitutionnel, mais encore à une monarchie absolue, tempérée par les lois et les mœurs , telle qu’était notre ancienne monarchie. Ouvrez le testament politique de Richelieu, vous le verrez reculer devant le monopole de l’enseignement : considérez Louis XIV dans tout l’éclat de sa puissance, jamais il n’a conçu l'idée de forcer les pères de famille d’accorder leur confiance à ceux qui avaient obtenu la sienne. C’est qu’en effet, pour concevoir et exécuter une telle idée, il fallait encore dire : L’État , c'est moi ; et moi, c’est l'épée

Au moment même où un peuple voisin abolit l’acte du test, le second article de l'ordonnance l'introduit au milieu de nous. Que les passions du moment ne nous fassent pas fermer les

yeux sur le danger d’une telle innovation. Elle est injurieuse pour la religion de l’État, si elle reste bornée à ses congrégations religieuses; elle porte un caractère de partialité, et tel père de famille dira avec raison : Si vous avez pris vos garanties pour que mon fils ne soit pas élevé par un Jésuite, quelle garantie me donnez-vous pour qu’il ne soit pas élevé par un francmaçon, par un illuminé?

Dans la même séance , M. le baron de l’Épiwb reprit :

M. le ministre de l’instruction publique a longuement parlé de l’existence de l’Université, de ses nombreux services ; il a meme prétendu remonter jusqu’à son origine, la rattachant à cette Université antique qui fit pendant tant de siècles l’honneur de notre France, sans penser que, si cette Université illustre pouvait sortir des ruines où elle a été engloutie, elle répudierait probablement l’honneur d’une telle alliance, et que la fille aînée de nos rois ne reconnaîtrait point pour sa sœur la fille unique d’un despote

Il nous a dit que la liberté de l’instruction n’entrait pas dans nos institutions : aveu naïf dont je le remercie, et dont on profitera sans doute, pour que cette liberté, qui vaut bien les autres, puisse y entrer un jour.

Il nous a dit que les droits des pères étaient respectés, puisque, après tout, il leur était libre de prendre pour leurs enfants des instituteurs particuliers. Parlait-il sérieusement? et si son caractère de droiture n’était pas aussi connu, ne semblerait-il pas que la dérision vient ici se mêler à l’injustice ?

Il a parlé des deux ordonnances. Messieurs, dirai-je toute ma pensée ? je crains que l’Université n’ait point à se féliciter lpngtemps de cette victoire; je crains que l’opinion publique ne l’accuse d’avoir facilité l’oppression de ses adversaires, d’avoir trouvé plus simple de se débarrasser d’une concurrence importune, que de faire des efforts pour la soutenir; je crains que la pitié publique ne s’attache aux vaincus, ne reproche aux vainqueurs d’avoir convoité leurs dépouilles.....

344 HISTOIRE DE i/lNSTRÜCTION riTBEIQÜE

On veut concentrer l’éducation dans une seule main, on veut lever un tribut sur toutes les familles, et on ne s’aperçoit pas que, par là , on crée un monopole odieux, une sorte de régime tyrannique, qui blesse à- la fois tous les cœurs, toutes les consciences, tous les intérêts. C’est donc contre ce monopole que je viens m’élever aussi ; c’est au nom de la religion et de la nature que je viens réclamer pour les pères la plus précieuse de toutes les libertés, celle de faire élever leurs enfants à leur gré; cette liberté, cher aucun peuple, que je sache, n’a été jusqu’ici contestée. Et voilà que l’Université, couvrant la France de sou vaste filet, y enveloppe tous nos enfants d’un seul coup, les regarde comme sa propriété, les évalue à tant par tète ! — Honteuse conscription, conscription plus cruelle que celle quia pesé si longtemps sur nous; car à cette dernière on pouvait encore se soustraire, et les armes dont elle imposait la nécessité conduisaient souvent à la gloire!

Contre de si justes et de si éloquentes accusations, que pouvait-on répondre ? Les défenseurs du monopole en convenaient eux-mêmes; M. Viennet était forcé de dire : « Les adversaires de l’ Université ont le droit pour eux. » Et il ajoutait ces mots, plus significatifs encore: « Je ne suis dans l’exception que par raison d’Etat; mais elle céderait à l’autre, si l’Université ne s’emparait des générations naissantes pour en faire une conscription vraiment nationale contre le fanatisme , l’ignorance et l’ancien régime ! »

A. la raison d’État , comme l’entendait M. Vieunet, l’Université joignait la force, cette ultima ratio des tyrannies d’ici-bas, et elle demeura maîtresse du terrain.

Elle devait cependant éprouver encore de rudes

assauts. Sa nouvelle victoire fut le signal de plaintes plus amères et plus nombreuses que jamais. Nous renonçons à pouvoir les analyser et les mentionner toutes; le cadre où nous nous sommes renfermés nous force à passer sous silence bien des actes de courage et de dévouement, bien d’énergiques et de puissantes protestations. Qu’il nous soit seulement permis de rappeler quelques écrits dont l’opinion publique se préoccupa plus vivement alors, en regrettant de ne pouvoir les signaler que par leur titre ou par de rapides citations, et eu demandant pardon et indulgence pour ceux que nous omettrions.

Nous laisserons de côté, d’abord, les apologies des Jésuites; il en parut plusieurs à cette époque, mais elles n’ont trait qu’indirectement à notre, sujet, et nous devons nous borner à ce qui touche essentiellement l’instruction publique et l’Université.

Tout homme de foi et de cœur se fit un devoir de descendre dans la lice. Nous payerons d’abord un tribut de juste reconnaissance à l’habile et savant écrivain qui publia ces Documents historiques et critiques , dont la lecture produisit un effet si utile et si consolant, et qui, dans sa brochure de l'Université nouvelle , raconta les origines et les développements de ce système tyrannique, né de Robespierre et de Danton, renouvelé par Napoléon Bonaparte, et conservé par l’aveuglement des hommes d’Etat de la restauration. Analysant les travaux de Fab'ry, et les rajeunissant en quelque sorte par sa vigoureuse analyse, M. de Saint-Victor con-

tinua le récit des actes de l’Université jusqu’à 1828, et mêla sa voix à celles qui repoussaient le monopole et défendaient la liberté.

Puis c est le comte Félix de M^rode, dont le nom est une des gloires de la Belgique catholique, et qui démontré, avec la loyauté de ses convictions, que « les Jésuites , la Charte , les Ignorantins , l'enseignement mutuel , tout pouvait vivre , quoi qu'on en dit *. »

Je le répète , s’écriait-il , l’éducation des enfants est le plus sacré des droits paternels ; les parents ne peuvent vraiment 1 exercer avec le monopole d'une Université qui régente toute 1 éducation d un pays... Ne soyons pas libéraux pour nous seuls et à demi. Quant aux diatribes de mauvaise foi, violences, proscriptions, intolérance philosophique, elles ne servent pas plus la liberté, qu intrigues, police , gendarmes, inquisition, censure

né protègent utilement la religion Nulle religion, dans le

siècle où nous sommes, n’a plus besoin de liberté que le catholicisme..

C’est un homme d’esprit et de talent, que la mort a récemment enlevé, M. Bellemare , qui vient servir la cause constitutionnelle et la cause de la religion, en publiant les Trois Procès dans un, le Collège de mon Fils , et la Fin des Jésuites et de bien d’autres.

C’est M. l’abbé Martin du Theil , qui, n’écoutant que son indignation, donne au public une brochure vive et ardente, sous le titre de Coup d’œil rapide sur l’ Instruction publique , acte d’accusation terrible contre l’Université, et dont elle se ressentit longtemps.

1 Paris > cjiei Dentu , i3ü8. ai il ;

ET DE Là LIBERTÉ d’eNSEIGTTÏMEWT. 347

C’est M. Laurentie, dont les pages éloquentes racontèrent la Persécution de l’Église catholique 1 :

L’Église nationale est déjà proclamée , dit-il. Voici renseignement théologique transporté au roi; voici les évêques dépouillés , humiliés, payés; voici le sacerdoce détruit; voici l’opprobre qui pèse sur les malheureux qui ont une fois touché le sanctuaire et qui n’y ont point pénétré. C'est une infamie désormais d’avoir seulement voulu être prêtre.

Avec quelle force de logique, avec quel entrainement l’habile publiciste flétrit cette violation de tous les droits!

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Violation de la liberté de conscience. Un ministre , M. Portalis, veut par la violence pénétrer dans la conscience humaine; il veut lui arracher son secret, ce secret qui est celui de Dieu même... Et de quel droit, ministre de la terre, venez-vous demander à un homme ce qu’il a fait pour lç ciel 1 ? Quelle est cette usurpation d’un genre nouveau ?

Violation de la Charte 3. Voici les paroles de la Charte : « Chacun professe sa religion avec une égale liberté, et obtient pour son culte la même protection. » Laissons la protection, elle est quelquefois pesante. Mais enfin nous sommes libres, nous le sommes tous également. Levez-vous, sectaires, levez-vous, fanatiques; fussiez-vous athées, si vous montrez un temple, un asile comme témoin de vos croyances , vous êtes libres. Levez-vous aussi, catholiques; montrez à découvert vos dogmes et votre foi; la Charte vous le permet ; votre liberté est grande ; elle est égale à celle de l’erreur. Voilà la loi. Mais voici l’ordounauce de M. Portalis. Qu’est-eo à dire ? D’un côté liberté, égalité; de l’autre , exception et servitude 1 La Charte n’y est donc plus I

Violation des droits de l’épiscopat. M. Portalis se croit placé assez haut pour oser dire aux évêques que la. mission qui leur

’ Paris, chez Édouard Bricou, 1828.

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348 HISTOIRE DE L’mSTRUCTION PUBLIQUE vient de Dieu est insuffisante, et que le chois qu’ils font des docteurs de la foi doit être soumis à des conditions que Jésus- Christ n’avait pas prévues'... Son infaillible autorité présideau gouvernement des évêques. Le garde des sceaux est la règle vivante de l’enseignement.

Violation du sanctuaire. Quoi! un ministre s’arroge le droit

de fixer le nombre des vocations! Étrange témérité! ici le

mépris de l’homme monte jusqu’à Dieu. Ce n’est pas seulement une vocation personnelle qu’on foule aux pieds, c’est une volonté divine contre laquelle on se révolte. On dispute au ciel ses élus, on dispute par la violence les enfants qu’il avait inspirés, et l’on fait pour la plus sainte et la plus vénérable des vocations ce qu’aucun pouvoir humain n’oserait jamais faire pour

une vocation profane ! Il faut que le mépris du sacerdoce

soit passé bien avant dans, les mœurs nouvelles pour qu’.un évêque croie devoir faire un si terrible usage du pouvoir ministériel 1 !

M. Laurentie termine par un appendice sur l’Université. Il devait bien la connaître, puisqu’il y avait rempli les plus importantes fonctions. L’Université, à ses yeux,

C’est une vaste école où le régime dur du commandement despotique remplace les habitudes paisibles de l’étude et de la piété ; une surveillance pesante qui n’empêche pas la corruption, des désordres voiiés; un vaste système de tromperie où de beaux dehors couvrent de hideuses réalités... Le vice profond de l’Université, c’est le défaut d’éducation... l’éducation est nulle. Un collège est une prison ; la surveillance y est active, mais les vices du cœur n’y sont point atteints.

Le monopole de l’Université est quelque chose de ruineux et d’insensé. C’est la guerre faite aux familles; c’est la destruction rendue légitime et la violence rendue légale. Cela ne peut se

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ET DE LA. LIBERTÉ d’eNSEIGREMERT. 34g soutenir. Ce qui est absurde périt de soi-même tôt ou tard , et pour hâter sa ruine , il ne faut qu’un peu de persécution.

Il faut peu de réflexion pour faire entendre que demander la liberté de l'enseignement , ce n’est pas détruire le droit naturel de la royauté, de surveiller l’éducation publique. Ce qui est tyrannique , c’est que ce droit de la royauté soit exercé par un corps; de telle sorte qu’il puisse à son gré détruire toutes les écoles ou les confisquer à son profit».

L’enthousiasme des honnêtes gens et les sympathies profondes des catholiques répondaient à ces nobles accents. Des voix plus autorisées encore allaient s’élever au milieu des peuples.

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