IV. Attaque du clergé et des évêques contre l’Université
L'épiscopat défend la liberté. — Mer l’archevêque de Paris.
• •— *■ M8* l'évêque de Langres.
Y. Discours de la Couronne. — Défense du monopole, De P. de Ravignan et M. de Vatimesnil, — 'Protestation de l'épiscopat. — Présentation d’un projet de loi,
I. Suite du ministère de M. Villemain. — La lutte recommence. — Le Monopole universitaire, par M. labbé des Garets. — Réponses au livre de MM. Michelet et Quinet. — Discussion de la Chambre des députés. — M. de Fontette.'
Les catholiques étaient las de toutes les dénégations, de tous les démentis qui sans cesse leur étaient opposes. Un chanoine de la métropole de
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Lyon, M. l’abbé des Garets, résolut de réunir en un corps d’ouvrage les nombreux textes, extraits des œuvres des membres du corps enseignant , afin de dévoiler à la France ce qu’étaient réellement les doctrines de l’Université, et combien en particulier elles blessaient ouvertement les croyances catholiques. Son livre parut sous ce titre : Le Monopole universitaire destructeur de la religion et des lois1. Cette immense compilation, où se succèdent tous les hommes que le monopole compte parmi ses chefs et ses agents, ce formidable acte d’accusation contre l’instruction publique contemporaine, eut un immense retentissement. Il est impossible de décrire les violences qui l’accueillirent et les injures qui furent prodiguées à son auteur. Quelques bons esprits, effrayés par l’éclat suscité par ce livre, crurent devoir en critiquer la forme; l’ardeur de l’écrivain l’avait quelquefois emporté*; mais cette vivacité parait excusable, quand on lit avec attention les révoltantes propositions que M. des Garets reproduit,, et la patience peut aisément échapper en face des blas- * phèmes et des impiétés qu’on rencontre à chaque page.
' Un vol. in-ia de 674 pages. A Lyon, librairie chrétienne, rue du Port-au-Roi , 5i. A Paris, aux bureaux de l’Univers , i843.
1 Nous devons dire que si Mgr l’archevêque de Paris bldmà quelques expressions qui avaient échappé à l’auteur dans la chaleur de son zèle, M. l’abbé des Garets réclama rontre cette improbation, et que Mgr l’évêque de Chartres et Mgr l’évèque de Châlons approuvèrent pleinement son œuvre.
Ce fut un coup de massue dont l’Université ne se relèvera pas. Cet ouvrage et sa défense l, qui parut quelque temps après , ne lui laissent aucun refuge; elle est condamnée par ses propres aveux, par son propre témoignage , et ses paroles s’impriment à son front comme un stigmate indélébile. Aussi, que fit-elle ? Elle cria encore aux jésuites. MM. Michelet et Quinet répandirent à profusion leurs cours du collège de France, et le ministre tenta de renouveler à la Chambre des députés les scènes de 1828. Là encore elle fut battue. Le pamphlet des deux professeurs attira plusieurs réponses, toutes à la confusion du monopole, toutes à la gloire de la compagnie de Jésus. Ces réponses sont entre les mains de tout le monde; nous nous contenterons d’indiquer leur titre. Ce sont : Des Jésuites, par un solitaire a; la Vérité sur les Jésuites et sur leur doctrine 3, les Jésuites et leurs ennemis , par P.-S. Vert 4, etc. Nous remarquerons particulièrement le livre intitulé : 1! Église, son autorité , ses institutions , et l’ordre des Jésuites., par un homme d’Etat5, œuvre d’un vrai talent, et où se trouvent réunis, avec la Lettre pastorale de Ms* de Beaumont, archevêque de Paris, une foule de témoignages en faveur de l’illustre compagnie; et enfin, la
* L’Université jugée par elle-même, par M. l'abbé des Garets ; brochure in- 8°. Chez Poussielgue-Rusaud, à Pari» et à Lyon, i843.
* Chez Appert, passage du Caire , 54-
3 Au comptoir des Imprimeurs-Unis, quai Malaquai, i5.
* Sagnier et Bray, rue des Saints-Pères, 64.
1 Sagnier et Bray, rue des Saints-Pcres, 64.
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spirituelle et accablante réfutation du R. P. Cahours, sous ce titre : des Jésuites par un Jésuite'1 II. Nulle part tant de finesse et de bon goût, tant de force et d’élégance n’ont été mis au service d’une meilleure cause , et jamais le triomphe n’a été plus franc et plus complet. Et voilà tout ce que gagna l’Université à cette grande levée de boucliers contre les jésuites.
Nous nous trompons, elle y gagna un autre échec non moins pénible. A la Chambre des députés, la question des ordres religieux fut soulevée; M. de Fontette, député du Calvados, établit, dans un discours plein de forçe et de dignité, quelle était la position légale des congrégations. Il prouva que, sous la Charte, nulle loi, nulle puissance ne pouvait les priver du bénéfice de la liberté individuelle , du droit de vivre sous le ciel de leur patrie, sous l’inviolabilité du domicile; et la Chambre témoigna, par ses applaudissements, une véritable sympathie pour les nobles paroles de l’orateur.
C’en était fait , le fantôme des jésuites n’épouvantait plus personne; cette machine de guerre était usée, et il ne resta plus à l’Université, pour se venger, que l’espoir de les faire proscrire dans la prochaine loi sur l’enseignement !
II. Nouvelles attaques contre F Université. — Réclamations des évéques. — Mor l’ évoque de Chdlons déféré au Conseil cFÉtat.
Au demeurant, la loi n’arrivait pas. Les pétitions
1 Chez Poussielgue, rue Hautefeuille, 9.