CHAPITRE IX
Sitiuition des puissances belligérantes à l'ouverture de la campagne y opérations des armées Ji^ançaises et alliées y bataille de Creveldt.
JLes batailles de Rosbach et de Leuthen avaient renversé les espérances des ennemis du roi. L'armée combinée était dispersée , et la grande armée, autrichienne de Silésie détruite , celle des Russes 3. 1
avait évacué la Prusse , les Suédois étaient repoussés sous le canon de Stralsund. Les Français seuls conservaient Télectorat d'Hanovre, mais le duc Ferdinand de Brunswick ayant pris le commandement de l'armée alliée , la scène changea de face sur ce point comme sur les autres.
Cependant si les victoires de Frédéric avaient amélioré sous un rapport l'état de ses affaires, et sa position militaire du moment , elles n'apportèrent aucun changement dans les projets politiques de Marie-Thérèse , ni dans les plans des coalisés pour la campagne qui allait s'ouvrir.
L'Autriche , jouant le rôle principal dans cette guerre , fondait ses espérances sur les forces colossales de son alliance et sur l'hypothèse que le roi , après avoir épuisé tout ce que l'énergie , la constance et l'activité pouvaient lui procurer de moyens , finirait par laisser ses états à la merci de ses ennemis. L'impératrice fut sourde à toutes les propositions de paix.
La Russie lui donnait l'assurance de redoubler ses efforts. La Gzarine , irritée de la retraite de son armée, ordonna une enquête sur la conduite du général Apraxin. Le général ayant exhibé les ordres du premier ministre Bestuchef , celui-ci fut destitué et renfermé ; le comte Woronzof lui succéda , et le général Fermor , qui commanda l'armée , reçut ordre de rentrer sur-le-champ en Prusse : la concjuêfce n'en fut pas difficile, puisque