‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 2 sur 200 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

ïe maréchal Leliwald s'était dirigé contre les Suédois ; et avant la fin de janvier , les Russes devinrent maîtres de tout le pays.

La France et la Suède se montraient également disposées à redoubler d'activité pour atteindre le Lut cpi'elles se proposaient. Les mesures de la cour de Vienne , povu' compléter son armée , furent conformes à la grandeur de ses moyens.

D'après un plan qui reçut plusieurs modifications par la tournure des affaires , l'armée principale sous le maréchal Daun , devait être de 64 bataillons , 45 compagnies de grenadiers , et i -7 régimens de cavalerie.

Une autre, sous le maréchal Bathiany, de 3o bataillons , 28 compagnies de grenadiers, 4S escadrons.

Un troisième corps , sous le général Nadastj, de 6 bataillons , 4 compagnies de grenadiers et 24 escadrons.

Dans ce nombre n'étaient pas comprises les troupes légères , cpi'on devait porter à 60 mille hommes , Croates , Bosniaques , Italiens , Dalmates , Tyroliens , etc.

Le roi , de son côté , recompléta les cadres que

la sanglante campagne de 1767 avait réduit des

deux tiers , et augmenta son armée de 4 bataillons

francs; ses alliés se trouvaient également dans le

meilleur état.

Néanmoins la position de Frédéric était plus critique qu'à l'ouverture de la campagne précédente. Ses ennemis bien plus en mesure et plus rapprochés , occupaient plusieurs de ses provinces , ce qui les mettait à même de l'attaquer simultanément au cœur de ses états ; dès-lors , il paraissait probable qu'il y aurait de l'ensemble dans leurs opérations , et qu'ils les pousseraient avec plus d'activité et de dévouement pour l'intérêt général.

Le sort de la monarchie prussienne eût dépendu en effet d'un simple mouvement concerté par toutes les masses coalisées , qui pouvaient en peu de marches se réunir au centre de sa puissance , et anéantir d'un même coup son armée et les moyens de la recréer. Frédéric n'avait que deux chances de succès , la pusillanimité de ses ennemis et le peu d'accord qui devait exister dans une coalition composée d'intérêts aussi opposés ; ces deux chances se trouvant réunies dans cette occasion , décidèrent la campagne en sa faveur.

Le système du roi était au fond défensif ; mais chaque moment devait être mis à profit pour écraser une des parties faibles et isolées avec une masse de forces imposantes , afin de la mettre hors de lice pour le reste de la campagne. On résolut en conséquence d'attaquer les Français au milieu de l'hiver , et de les chasser de leurs conquêtes.

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