‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 114 sur 200 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

CD indiquent celle qu'elle va parcourir en retraite. Mais, lorsque l'armée et les frontières sont parallèles , la ligne de retraite est nécessairement perpendiculaire; la figure donnée par Bulow en est une preuve.

Frontièrex.

Armée.

Résumant les différentes idées renfermées dans ce chapitre , on voit que :

1° Pourmanœuvrev convenablement , il ne faut jamais former deux armées sur la même frontière.

2° Les lignes doubles j, contre une simple, échoue^ 7'ont toujours à chances égales, par les raisons indiquées au chapitrée KIl.

3'^ Les lignes intérieures résisteront avec avan-^ tage aux lignes extérieures , soit sur la même frontière , soit sur deux frontières différentes.

La réussite de tous les grands mouvemens stratégiques de Frédéric, principalement celui cfui suivit la bataille de llolienkircli; les revers des Autrichiens dans la guerre de sept ans ; ceux des Français dans la guerre de Hanovre ; sur le Rhin et le Danube, en 1796 et 1799; enfin, limmor-

telle campagne de 1800, prouvent concurremment la vérité de cette maxime. L'invasion de la Belgique, en 1794? qui réussit centre ces principes, nepeutêtre présentée comme exception, puisque les Autrichiens ne profitèrent pas de leur position centrale pour foudre en masse sur la gauche des Français , hors d'état pendant quinze jours d'être soutenue

4° La dwectioii la plus avantageuse d'une lignemanœuvi^e , est le centre quand les forces ennemies sont divisées sur une ligne trop étendue ; mais dans toute autre hypothèse j c'est sur une des extrémités , et de là sur les derrières de la ligne de défense de l'ennemi. Les combijiaisons de la campagne de i8oo ont prouvé cette 'vérité (f).

L'avantage de cette direction ne provient pas

(i) J'ai cru devoir donner cet article tel que je l'ai écrit au camp de Boulogne avant les campagnes de i8o5, 1806 et i8oy. C'est une grande satisfaction pour moi d'avoir découvert , dans les premières opérations de Napoléon, les causes du système qu'il a suivi dès-lors.

La marche de la grande armée française sur Donauwerth, où elle s'établit sur l'extrême droite de Mack , dont elle coupa ensuite les communications avec sa base et sa ligne secondaire, le mouvement exécuté en 1806 par les sources du Mein et de laSaale, contre l'extrême gauche de l'armée prussienne, tiennent aux mcmes principes, et procurèrent les mêmes résultats. Enfin , les victoires mémorables d'Abensberg et d'Eckmiihl nous offient les preuves les plus incontestables de la supériorité des masses centrales ou des lignes intérieures habilement mises en action contre des corps divisés , lorsque toutes chances sont d'ailleurs égales.

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