CHAPITRE XV
prirent les armes. Le maréchal de Contades , ne s'estlmant pas assez fort, ordonna au corps du duc de Broglie de se réunir à l'armée.
La position des ennemis était néanmoins trop formidable pour que le duc de Brunswick pût les attaquer avec succès ; aussi tous ses efforts tendaient à les en arracher; s'apercevant qu'il ne réussirait pas facilement, il revint, à quatre heures du soir , dans son camp de Petershagen , le duc de Broglie en fit autant de son côté.
Ferdinand voyant que sa première tentative avait échoué, lit occuper les villages de Kuttenhausen , Hemmern et Friedwald par de forts détachemens d'infanterie, et pratiquer de grandes ouvertures dans la digue de Tonhausen, afin que l'armée pûtavancer dans la plaine de Minden, par divisions et par escadrons , et porta son avantgarde à Tonhausen.
Munster s'étant rendu le 28, Ferdinand résolut de prendre l'offensive sans délai : il porta le général Drewes sur Osnabruck , pour s'emparer du magasin qui s'y trouvait. Le prince héréditaire marcha, le 27, sur Lubeke avec 6 bataillons; le 2g , sur Hervorden , et campa en face de cette ville à Rissel , où le général Drewes arriva , après avoir reptns le magasin d'Osnabruck. Le même jour, le duc Ferdinand, instruit de ce succès, fit marcher l'armée par lignes et par la droite , sur trois colonnes : la première était eomposée de la
?)06 TRAITK DES GRA.NDES OPERATIONS MILITAIRES.
première ligne, la seconde de lartillerie et des bagages , la troisième de la deuxième ligne : elles campèrent, la droite à Hille , la gauche à Friedwald. Le quartier-général fut dans le premier village , gardé par 2 régimens anglais. Le général Gilse occupa Lubeke avec 3 bataillons.
Le 3o, le duc rassembla ses généraux , leiu' recommanda d'étudier particulièrement les chemins et tous les accidens du terrain , afin de pouvoir conduire leurs colonnes respectives de manière à former, avec ordre et promptitude , une ligne contiguë. Il leur renouvela cette invitation, le 01 , et leur prescrivit en outre d'examiner scrupuleusement les environs du moulin à vent de Hemmern , pour employer toutes les armes avec le plus de succès. En considérant la sagesse de ces mesures , et leur à propos avec l'heure, l'instant même auxquels les généraux fiançais se mirent en mouvement pour se former dans la plaine de Minden , on serait tenté de croire que le duc présidait à leur conseil de guerre.
Les détachemens que les alliés avaient fait, décidèrent enfin le maréchal de Contades à l'attaque , qui fut fixée au 1" août, et pour laquelle il donna Tordre suivant (1).
(1) Cet ordre, traduit de l'allemand , doit sans doute différer un pan de l'original: On verra, par la lecture de cette longue pièce (dont j'ai cependant suppriiué quelcries passages) , qu'elle renfermait très-peu