CHAPITRE XV
Les brigades d'Aquitaine et de Condé qui voulurent soutenir les Saxons, forent repoussées, et le lieutenant-géne'ral Maugiron qui les conduisait fut blessé de deux coups de feu.
Pendant que l'aile droite des alliés obtenait ces succès, la gauche ne faisait pas moins de progrès. Les Prussiens , les Hanovriens et les Hessois fournissaient une belle charge sur les GrenacHers de France et Royaux. Quelques escadrons gagnèrent le flanc droit des brigades de Touraine et de Kouergue , les culbutèrent et prirent une grande partie de la dernière. Le lieutenant-général Beaupréau y fut blessé.
Les alliés s'emparèrent des maisons et du terrain que l'ennemi voulait occuper , et repoussèrent les brigades d'Auvergne et d'Anhalt , que le maréchal de Gonlades jeta dans la mêlée , pour protéger la retraite.
Malgré cette confusion, le duc de Broglie canonnait toujours le corps de Wangenheim; son infanterie avança , il est vrai , mais hors de portée de mousqueterie; la cavalerie qui se porta au soutien du flanc droit de Tarmée, déjà maltraité par le régiment de Hammerstein , fut culbutée par les dragons de Holstein. Alors le régiment de la Marine pour lui faire jour , fournit son feu sur les dragons prussiens, qui conversèrent à gauche, le chargèrent, etle prirent avec lo pièces de canon et 2 drapeaux.
.*j24 TIIAITÉ DES GRANDES OPÉllATJOAS MILITAIRES.
A onze heures , l'armée française était en clésordi-e , à l'exception du corps de Broglie qui n'avait point été engagé. Il couvrit la retraite de la droite sur Minden , et les Saxons celle de la gauche.
Celte bataille , où les Français perdirent 7 raille hommes , aurait été moins décisive , si le duc n'eût porté sur leurs derrières les corps de Drewes et du prince héréditaire. Ce dernier commandait l'expédition dont nous avons déjà fait mention; il arriva, le 3i , à Quernhein, et battit le lendemain le duc de Brissac , posté avec 8 mille hommes à Kofeld pour couvrir les communications par Hervorden; ce succès rendit la situation du maréchal de Contades très-critique , car le prince occupa , aussitôt après le combat , la position de Behmen, et les défilés de Bergkirchen. La retraite devenant impraticable sur la rive gauche du Weser , il fallut passer ce lleuve à Minden, et se retirer sur Cassel en toute diligence. Les bagages de l'armée furent presque tous enlevés près de Detmold , par les chasseurs de Freytag ; le maréchal y perdit les siens , ainsi que le prince de Conti.
Minden capitula le lendemain.
Tempelhof regarde cette bataille comme une des plus remarquables et des plus intéressantes sous les rapports de lart. Les dispositions qui précédèrent lalFaire , celles qui eurent lieu pen-