CHAPITRE XV
raux que ses ministres , la marquise de Pompadour, dont on se rappellera long-temps la funeste influence, avait déterminé Louis XV à confier le sort de sa marine à l'inepte et pusillanime maréchal deConflans, et persista à le faire sortir de Brest, malgré réchec essuyé par la flotte de la Méditerranée.
Les forces ennemies qui l'observaient furent dispersées par une tempête, sans qu'on sût en profiter pour les poursuivre; Couflans sortit enfin le i4 novembre; mais à peine signala-t-on l'escadre anglaise de 28 vaisseaux aux ordres de Tamiral Hawke, qu'il se jeta à la côte, imaginant que l'ennemi n'oserait pas le poursuivre en bravant des écueils inconnus. Son arrière-garde se trouva engagée dans ce faux mouvement ; et bientôt séparée du reste de la flotte, elle eut à soutenir un combat inégal.
Le lâche maréchal sans rien faire pour la dégager, échoua avec le vaisseau amiral; une de ses divisions alla chercher un refuge dans la Vilaine, que l'on ne croyait pas pouvoir abriter des frégates. Le résultat de la bataille la plus malheureuse n'aurait pas surpassé cette honteuse retraite, qui coûta 6 vaisseaux coulés, échoués ou brûlés. Si on eût tourné vers la marine les ressources qu'engloutit l'armée du Hanovre , la France n'eût pas essuyé ces revers, que de tardives alliances ne réparèrent jamais.