‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 141 sur 200 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

déterminé à cantonner son armée, leva, le 4 et ie 5, son camp de Krofdorf pour se rapprocher de ]\Iar}3onrg.

La marche du marquis d'Armentières éprouva des retards, parce que le Rhin chariait beaucoup de glaces; il arriva enfin, le 3 janvier, sur les rives de la Dille. Du Voyer marcha alors à Dillenbourg, fit occuper la ville par le régiment suisse de Waldner, et plaça sa division en cantonnemens. Le duc Ferdinand ne jugeant point convenable de laisser un corps sur le flanc droit de ses quartiers , se rendit , le 7 , à Gladebach , près du général Waugenheim , et dirigea le même jour ce corps en 3 colonnes sur Dillenbourg. Un avant-poste de dragons fut surpris à Wiselhach par la colonne de droite , pendant que celle du centre se porta directement sur Dillenbourg. Le régiment de Waldner , qui se croyait gardé , eut à peine le temps de courir aux armes; le colonel Paravicini fut tué, beaucoup de braves éprouvèrent le même sort , et près de -y 00 hommes furent pris : la campagne se termina par cet événement, qui décida le maréchal de Broglie à prendre des quartiers-d hiver depuis Giessen jusques dans le Hundsruck. Les alliés en firent autant ; le corps du général Imhof resta dans la Hesse , et couvrit ses cantonnemens de postes retranchés; l'armée se dispersa dans la province de Munster, et dans les é\ èchés d'OsnabrucI; , Paderboru , etc.

Les affaires maritimes de la France allaient encore bien plus mal que celles de ses armées de terre. La Guadeloupe était prise dès le mois de mai; le Canada où les Anglais avaient porté des forces supérieures , vivement disputé pendant trois ans , parMontcalm, fut définitivement perdu par la mort de ce brave , tué à Québec , dans un combat que sa mort cbangea bientôt en déroute. Dans llnde la défaite de l'escadre du comte d'Acbe, changea en entreprise téméraire le projet de Lalli d'assiéger Madras : repoussé bientôt luimême dans Pondicliéri, il fut réduit à capituler.

Cependant le vieux et irascible maréchal de Belle-Isle avait imaginé de rendre , aux Anglais , les audacieuses visites qu ils avaient osé faire à la Normandie dans l'année précédente : des préparatifs se faisaient à Toulon et à Brest pour la réunion des escadres; des troupes étaient assemblées sous Chevert , vers Dunkerque.

Mais l'amiral Laclue commandant les douze vaisseaux sortis de Toulon, ne sut pas rallier convenablement son escadre; séparé de 5 vaisseaux, à la hauteur de Lagos, il fut accablé par l'amiral Boscaven qui en avait le double. 4 vaisseaux furent pris ou brûlés ; 3 se sauvèrent à Lisbonne. Laclue perdit les deux jambes sans pouvoir se justifier d'avoir laissé éparpiller son escadre.

Ce n'était qu'un prélude à des désastres plus sanglans : aussi opiniâtre à mal choisir ses ami-

Page 1