‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 165 sur 200 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

le lac auquel s'appuyait le flanc droit des Prussiens. Ce mouvement , bien combiné, l'établissait sur leur extrême droite, et les coupait delà Silésie leur ligne secondaire. Heureusement que Dobna arriva , sur ces liauteurs , par un mouvement de flanc , à l'instant même où l'avant-garde russe allait s'en emparer. Les armées campèrent de nouveau en présence.

Le lendemain, 12 juillet, les Russes se remirent eu marche. Le but de Soltikof avait changé; il laissa un corps considérable pour attirer l'attentiou de l'ennemi , ou le contenir au besoin, et déborda sa gauche avec le reste de l'armée, entre Casimirs et les lacs de Gzerkowitze. Ce mouvement exécuté trop près de la ligne prussienne , fut aperçu de Dohna qui suivit les marais en se prolongeant toujours à gauche. S'il faut en croire plusieurs historiens, quelques généraux lui proposèrent d'imiter l'exemple de Frédéric à Hosbach , et d'attaquer l'ennemi dans sa marche; mais il n'en fit rien.

Le roi mécontent d'un général qui laissait échapper de si belles occasions , le remplaça par Wedel. En attendant, Dohna chercha à se rapprocher de l'Oder, et se porta ,1e i4, à Neustadt , le i5 à Brecz, le 16 à Meseritz. Ce mouvement fut, dit-on, causé par le manque de fours ? L'armée devait rester quelques jours dans celte position , pour se remettre de ses fatigues et de ses

38o TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.

privations; son repos ne fut pas long : Soltikof, revenant à son système , chercha à la couper de Glogau et de l'Oder, vint s'établir, le 17 , à Bentschen.

Dohna, de son côté, voulant déjouer les projets de l'ennemi, se porta, le ig, au couvent de Paradis, le 20 àZullichau, où il prit position , le lendemain, la droite à la ville , la gauche formant un crochet en arrière , vers Kaltzig. ( Voyez pi XXIII, n'' X.)

Le général Wedel arriva, le 22 , à l'armée. Le jour suivant , au lever du soleil , il reconnut le eamp des Russes qui avaient pris position, le 21 , entre Langmeil et Schmollen , sur la Faule-Obra. Ne pouvant rien découvrir de la droite , il conclut de la tranquillité qui régnait à la gauche , qu'il n'y avait point eu de changement, et rentra au camp à dix heures. Mais il prit pour le camp de la gauche, l'arrière-garde que Soltikof destinait à cacher le mouvement qu'il avait commencé , au point du jour, pour porter l'armée sur Heinersdorf, Niekern , Palzig et Crossen , afin de gagner TOder et de se réunir aux corps que les généraux Laudon et Haddick lui amenaient.

A midi , l'aile gauche des Prussiens découvrit les têtes des colonnes ennemies; on en rendit compte de suite au général, qui d'abord n'en voulut rien croire, et ne tarda pas à s'assurer, par ses propres yeux de l'imminence du danger.

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