CHAPITRE XVII I
était entame et la garnison manquant de munitions, il allait réussir, lorsque le brave commandant sortit à la tête de 4oo hommes, prit la colonne d'attaque à revers et la mit en déroute avec une perte très-considérable.
Enfin , après une résistance aussi honorable , n'ayant plus de cartouches, il consentit à livrer une ville sans défense, à condition qu'il se retirerait librement avec sa garnison et tous ses bagages. 11 sortit, le 8, avec les honneurs delà guerre, et reçut du roi l'ordre de se porter à Potsdam.
Le 2o , Wittenberg fut sommé ; le général Horn , qui l'occupait, avec 3 bataillons saxons capitules à Pirna , ne voulant pas essayer de se défendre avec des troupes suspectes, livra la ville , et se retira également à Potsdam.
Pendant que ces choses se passaient, Dauu avait porté les divisions de Wehia et Brentano devant Dresde, pour observer la place et agir de concert avec l'armée des Cercles; il y joignit ensuite la division Maquire , ce qui forma un corps d'environ i5 mille hommes. Le duc de Deux- Ponts laissant le général Saint-André aux environs de Leipzig avec 12 mille hommes pour couvrir ses conquêtes, se porta à Meissen, où il arriva le 2-7 août. Maquire était déjà, le 26, devant la Villeneuve de Dresde, et en avait attaqué vainement le faubourg.
4o6 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.
Le comte de Schinettau, qui avait si bien défendu cette place, Tannée précédente, s'y trouvait encore , et faisait tous les préparatifs d'une défense vigoureuse : il répondit aux menaces et aux premières attaques des Autrichiens, en faisant brûler le superbe faubourg, et évacuant la ville neuve , pour concentrer ses moyens dans la vieille, sur la rive gauche de lElbe. Mais tous les malheurs semblaient devoir accabler Frédéric dans cette campagne. Immédiatement après la perte de la bataille de Kuuersdorf, il écrivit au comte de Sclimetlau pour le prévenir qu il ne devait compter sur aucun secours, et l'engager à se ménager une capitulation qui sauvât la garnison et 20 millions qui se trouvaient dans les caisses. La cour de Saxe, tremblant d'être bombardée , détermina par ses sollicitations Maquire à proposer à Sclimettau une capitulation avantageuse. Le comte profita de la démarche de Maquire pour demander, le 3 septembre, non-seulement la libre sortie de la garnison, mais encore de toutes les propriétés prussiennes, ce qu'on lui refusa d'abord, mais qui fut ensuite accordé à l'approche du corps de Wunsch.
Ce général, parti de Furstenwald, le 21 août, avec son régiment, avait rassemblé un petit corps de n mille hommes, et repris Wittenberg et Torgau en laissant librement sortir leurs garnisons. Obligé ïnalheiTreusemeut d'attendre dans cette
CHAPITUE XVIII. /\0J
dernière ville son artillerie de Magdebourg, il n'en partit que le 3 septembre, et arriva le 4 5 à Grossenhain , où il apprit seulement, par le colonel Wolfersdorf, que Ton était eu pourparlers; il accéléra alors sa marche pour délivrer Sclnnettau. Celui-ci , cependant , bien éloigné de croire qu'il pût être secouru de sitôt avait signé la capitulation le même soir, et avait rendu la place aux alliés.
Le lendemain, Wunsch croyant toujours les Prussiens dans Dresde, culbuta les corps de Brentano et de Welila, des hauteurs de Boxdorf , et des bois deMoritzbourg, et s'avança jusqu'à Weissenhirsch, où il apprit la reddition de la place. Cet officier qui, jusqu'alors, n'avait conduit que de petits détachemens de troupes légères , montra dans cette occasion toute 1 audace d'un soldat et l'habileté d'un général ; non content d'avoir battu et ramené sur Dresde deux corps plus forts du double que le sien , il r('solut d'abord d'enlever de vive force la nouvelle ville gardée par Maquire, et ordonna de détruire les ponts de communication des alliés sur l'Elbe, afin de leur ôter la possibilité de déboucher sur ses derrières- La nuit et la fatigue des troupes, qui, depuis vingt-quatre heures marchaient et combattaient , Je forcèrent de remettre son attaque au lendemain. Mais le calme de la réflexion le détourna
4o8 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.
de cette entreprise hasardeuse , et le décida à reprendre, dans la soirée, la route de Torgau, où se dirigeait de son côté le général de Saint- André.
Wunscli arriva devant la ville , le -y , après-midi ; il y reçut, le lendemain, une sommation du général Saint-André, à laquelle il répondit en attaquant les Impériaux dans la position avantageuse qu'ils avaient prise près du village deZinna; il porta son effort sur la gauche , séparée de la ligne par un petit ruisseau , Taccahla ainsi par une manoeuvre habile , mit rennemi eu déroute , lui fit 700 prisonniers et prit 12 pièces de canon.
Ce combat , quoique peu important en apparence , eut toutes les suites d'une victoire : il releva le moral des armées prussiennes , et les mit à même de recouvrer la Saxe , tandis que tout aurait été perdu, jusqu'à Magdebourg , si le général Wunsch eût été battu.
Opérations des grandes armées après la bataille de Kunersdorf,
Nous avons laissé, au chapitre X'VII , l'armée de Frédéric campée à l'urstemvalde, le 18 août. Le prince Henri , se trouvait toujours à Schmotseifen , et Fouquet couvrait la position de Landshut contre le général Harsch. Ces deux derniers corps prussiens comptaient environ r)0 mille hommes. Le roi n'en un ail pas plus de .'.S mille.