CHAPITRE XIX
Quelss lui amcDa 6 bataillons , de sorte que son armée se trouva forte d'environ 36 mille combattans.
La mésintelligence entre les généraux ennemis s'accroissait chaque jour par de petits incidens; entre l'emportement de Soltikof et la fierté autrichienne, il y avait peu de moyens de conciliation : Laudon ayant demandé , le 26, au maréchal russe , ce qu il comptait entreprendre , celuici lui répondit les choses les plus désobligeantes, les plus dures, et serait parti sur-le-champ pour la Pologne, si les bonnes raisons du médiateur Montalembert ne l'eussent décidé à différer de repasser l'Oder jusqu au 3o octobre.
Le roi fit poursuivre, sans succès, l'arrièregarde ennemie, et marcha, le 2 octobre, à Glogau, où il fit passer le fleuve à 12 bataillons, et à presque toute sa cavalerie qui prirent position à Klein Zerbau, et devaient par leur excellente position , empêcher le bombardement de la place.
Les Russes se portèrent , le 2 , à Ruttlau , et le 4, à Schwusen.
On a blâmé le roi de n'avoir pas passé l'Oder , le 2 , avec la totalité de ses forces, pour s'emparer du défilé de Hundpass , qui couvre Herrenstadt et Gurau, ce qui eût, peut-être, forcé les Russes à reprendre immédiatementle chemin de laPologne; ce reproche nest pas fondé , car il ne lui convenait point de mettre les Russes dans la né-
cessitë de combattre pour s'ouvrir un passage ; puisqu'ils s'en retournaient volontairement, et que dans peu il en serait débarrassé. Cependant , lorsque Soltikof prit la direction de Scbwusen, et parut vouloir prolonger son séjour, le roi résolut de faire passer l'Oder au reste de l'armée , et détaclia seulement Sclimettau, avec «y bataillons et lo escadrons, à Golgowitz , sur la rive gauclie , afin de canonner le camp ennemi, et d'empêcher des incursions sur cette rive.
Ayant alors reçu l'avis que les Russes voulaient se porter sur Breslau, Frédéric en vue de les y prévenir, fit jeter un pont, le y octobre, à Roben, marcha à Klein-Gafron le 8 au matin , passa l'Oder et campa à Sophienthal.
Les Russes devaient partir le 20, et les campemens s'étaient déjà mis en route, depuis la veille, lorsqu'un courrier de Pétersbourg, ordonna à Soltikof de continuer ses opérations contre Breslau. En conséquence l'armée se porta, le 22 , à Sandeborschke, vis-à-vis deHerrenstadt; Laudon à Babiele.
Les Prussiens arrivèrent ce jour-là à Kutschen- Borwitz, sous la conduite du général Hulsen , auquel le roi malade avait confié le commandement. L'ennemi fit sommer le bataillon , qui se trouvait à Herrenstadt, avec menace de brûler la ville. Le commandant répondit en brave; le bombai'deuient commença et réduisit bientôt la
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ville en cendres , sans pour cela forcer la garnison à quitter son poste.
Cette tentative inutile termina la campagne de Sollikof. Un conseil de guerre, convoqué le même jour, déclara l'ordre de la cour de Pétersbourg inexécutable. L'armée russe partit, le 24 octobre, pour Tribuscli où Soltikcf reçut l'avis que Daun, désespérant dattaquer le prince Henri avec succès , s'était décidé à prendre des quartiers-dliiver ; cette nouvelle mit le comble à son mécontentement, et sur-le-cbamp il se dirigea vers Posen. Laudon rabattit sur Kalisch.
Aussitôt après le départ des Russes, Frédéric détacha les généraux Gablentz et Schmettau, avec 9 bataillons et 20 escadrons , vers Traclienberg , pour observer les mouvemens de Laudon , sur les frontières de Silésie. Le général Meyer, avec 5 bataillons et 10 escadrons, alla relever, à Hirscliberg et Landsbut, les troupes de Fouquet. llulsen se porta en Saxe avec 19 bataillons et 3o escadrons : le roi toujours malade, se fit transporter à Glogau.
Opérations en Saxe , après l'arrwée de Hulsen ; affaire de Maxen.
Nous avons laissé plus haut Daun campé à Schilda, le prince Henri à Torgau, Finck à Duben. Le départ des Russes et l'arrivée de Hulsea , 2. 28
à Muska, engagèrent Daun à se replier sur Dresde; il se porta , le 4 novembre , à Naundorf , où le corps d'Ahremberg le rejoignit. Le 5, il prit position à Lommatscb, et le 6 à Heinitz. Les corps d'Esterhazy et de Brentano éclairèrent cette marche.
Le prince Henri, de son côté, vint camper le 5 à Belgern et le jour suivant àStrehleu; Finck , avec i3 bataillons et 35 escadrons, à Mutschen. Le 8, larmée forte de 40 bataillons et 63 escadrons, s'établit à Altsattel ; le général Aschersleben à Naundorf, sur TElbe, avec 4 bataillons et 17 escadrons ; une forte division sous Wedel s'établit près de Hirschstein; Schenkendorf à Karschitz , eu intermédiaire de Finck, avec 2 bataillons et 8 escadrons; le général Dierke, à Grossenhain , avec 4 bataillons et autant d'escadrons.
Ces renforts mettaient le prince Henri en état de prendre l'ofTensive : mais , la position des Autrichiens étant trop forte , il résolut de les en déloger, en débordant leur gauche, et les coupant ^es montagnes de l"Erzgebirge. Finck prit dans cette vue position le 9 à Etzdorf. Brentano , qui flanquait la gauche de l'ennemi, se retira à Nossen , à rapproche des Prussiens.
Le prince remarquant avec plaisir l'immobilité de Daun, renforça Finck de 6 bataillons et 20 escadrons , et lui ordonna de déloger le i3, Brentano de jNossen, d'occuper Freyberg, et de