‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 186 sur 200 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

CHAPITPvE XIX.

Suite des opérations du roi contre les Russes ; Soltikof retourne en Pologne ; les Prussiens se concentrent en Saxe; affaire de Maxen ; campagne d'hiver.

jT réderic, par sa marclie sur Sagan, ayant formé une ligne intérieure qui le mettait en mesure de lier ses mouvemens avec ceux du prince Henri, rompit le peu d ensemble qui jusqu'alors avait régné dans les opérations de ses adversaires, et n'eut pas de peine à leur faire prendre une direction diamétralement opposée : car chacun d'eux se voyant isolé ne se crut plus en sûreté qu'en se rapprochant au plus vite de sa base.

Le premier n'ayant trouvé à Christianstadt aucun des approvisionnemens que Daun lui avait fait espérer, ne dissimula pas son mécontentement. A 1 annonce de fonds qu'on lui fit pour se procurer des vivres , il répondit que ses soldats ne mangeaient point d'argent , et quil allait repasser roder à Crossen. Le marquis de Montalembert lui ayant démontré quïl se rapprocherait bien

plutôt de ses dépôts en prenaut la route de Raiolath, ]e maréclial se décida à s'y porter pour attendre les transports de la Pologne , auxquels il traça cette direction. L année se mit en marche le 22 septemi>re, et campa, le 23, à Freystadt. Laudon, à Windisch-Borau près de Neustadel.

Frédéric se porta le même jour à Suckau , pour ^tre à môme de défendre le défilé de Neustadel. Ce mouvement hardi faisant croire aux Russes que le roi avait reçu de nombreux renforts, ils jetèrent un pont sur FOder, aux environs de Wartenberg , et Tarmée marcha , le 24 , pour gagner Karolath par cette route. Laudon se dirigea sur Beuthen.

Aussitôt que le roi en fat instruit, il se mit eu marche par lignes et par la droite, et alla occuper les hauteurs entre Zobelwitz, Baune et Milkau , dans la vue de fermer la route qui conduit , par Beuthen, à Glogau. Les Russes furent saisis d'étonnement de trouver les hauteurs de Rleinwirbitz garnies de Prussiens. Us passèrent la nuit sous les armes , et campèrent le lendemain , 28 , lui peu en arrière. Tandis qu'on jetait un pont ù Karolath, le roi, que son infériorité ne mettait pas en état de repousser une surprise , faisait prendre les armes fous les malins avant le jour. Fouquet lui envoya, le 27, un renfort de 3 bataillons et 3 escadrons, et le lendemain le général

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