CHAPITRE XIX
mais, lorsque l'horizon s'éclaircit, il aurait encore eu le temps de le prévenir à Dippodiswalde , s'il n'avait cru de son honneur el<le son devoir de l'attendre. Le général Platten occupa Reinhardsgrimmaetles hauteurs de Hausdorf,avec 5 bataillons et 5 escadrons. Les Autrichiens campèrent, la droite sur les hauteurs de Maltern, la gauche à Oberhaselich; le prince de Stolberg, avec 7 bataillons et 5 escadrons, prit poste à BuckardswaJde.
Finck, ne doutant plus des projets de l'ennemi , fit ses dispositions de défense. Le général Wunscli resta avec 5 bataillons et 3 escadrons sur les hauteurs de Plaschwitz, vers Dohua, pour contenir l'armée des Cercles et l'empêcher de franchir le ravin. Le reste des troupes fut rangé en bataille , en forme de croissant autour de Maxen. La ligue , prenant dans la direction de Muhlbach, se prolongeait sur les hauteurs en arrière de Witgeudorf; le général Lindstedt couvrait la cavalerie et la droite, avec 3 bataillons sur les hauteurs en avant de Schmorsdorf.
Le 20 , le corps autrichien se mit en marche sur quatre colonnes, la cavalerie sur les ailes; ne laissant à Maltern que la brigade Scheukendorf pour couvrir ses derrières. Daun fit former ses troupes sur deux lignes près de Reinhardsgrinima , et reconnut la position des Prussiens.
Finck, de sou côté, était allé eu reconnais-
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sance , lorsqu'on vint lui annoncer que lennemi se formait en même temps vers Bohrsclorf, et derrière Reinharclsgrimma. 11 ordonna au général Platten de se retirer en arrière de Hausdorf. Cette mesure paraît avoir été précipitée, car le défilé de Reinliardsgrimma présentait des obstacles difficiles à vaincre. Entre Hausdorf et le bois de ce village, est une liauteur très-élevée qui masquait le débouché des colonnes autrichiennes. Les grenadiers étant parvenus à la gravir , Daun y établit une batterie dont le feu protégea le déploiement des troupes qui se formèrent en bataille , la droite sur les hauteurs en avant de Mulbach , la gauche vers Hausdorf (/:>/. XXIJI, ii'^ 2). Aussitôt aj rès, le général Ziskowitz , à la tête de 5 bataillons de grenadiers, soutenus par les briga/les d'Ainse, et de Dombasîe, attaqua les Prussiens sur les hauteurs en avant de Witgendorf et de Maxen. Ces grenadiers furent un peu reployés à droite et à gauche; mais ils se jetèrent avec tant d'impétuosité par ïe centre, qu'ils enfoncèrent les bataillons de Gi abow et de Zastrow , percèrent ainsi la ligne, et se pî^écipitèrent dans le village de Maxen. Le général Finck envoya pour les contenir les dragons de Platleu et le régiment de Rebentisch, qui furent entraînés parles fuyards. Les bataillons de Billerbeck, Kleist et Finck, furent ainsi enveloppés et pris entre deux feux : une charge de celui de Wiiiemai, sauva, il est vrai ,
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les deux derniers; cependant, comme cette aile ne put opérer de concert avec la droite, puisque Tennemi tenait le centre en masse , elle fut forcée à se faire jour pour se retirer sur Sclimorsdorf.
D'un autre côté, Brentano s'étendait de plus en plus sur les derrières des Prussiens. Quelques instans avant l'enlèvement des hauteurs de Maxen, Finck voulut le faire charger par toute la cavalerie, afin de s'en débarrasser et d'opposer ensuite son infanterie au maréchal ; mais le feu de l'artillerie tint ses escadrons en respect, et ce mouvement ne servit qu'à les paralyser en les isolant du reste de la division. Daun fit reformer sa ligne et en lia la gauclia au corpsde Brentano.
Finck, avec les débris de ses bataillons, se relira sur les hauteurs en arrière de Falkenhain et Blochwitz, où Wunsch tenait encore après avoir repoussé toutes les attaques dirigées contre lui; ils j furent bientôt cernés. Comme il ne restait d'autre parti que de se faire jour, Finck lit reconnaître tous les chemins vers Burckardswalde , et convoqua un conseil : celui-ci cousidérant que le corps se trouvait réduit à moins de 12 mille combatîans, désespéra de forcer le délilé tenu par un ennemi cinq à six fois plus nombreux , et fut d'avis de capituler.
Wunsch, que rien n inlimidait, proposa de se faire jour, pendant la nuit, aux environs de Sillen, avec toute la cavalerie: et Finck v ayant
consenti, ce général partit, le 21 novembre, à trois heures du matin : mais il est probable qu'il aurait eu de la peine à réussir. On envoya après son départ le général Rebentiscli à Daun , qui ne voulut entendre de proposition qu'autant qu'on fit revenir le général Wunscli. Les Prussiens n'étaient pas dans une position à dicter des conditions : après quelques débats, on fut forcé d'accepter celles de Daun, et environ i4 mille hommes se rendirent prisonniers : 3 mille avaient été mis hors de combat.
Le roi, mécontent du général Fiuck , le fit traduire à un conseil de guerre, qui le cassa et le condamna à deux ans de détention, ainsi que les généraux Rebentisch etGersdorf.
Tandis que la fortune semblait épuiser tous ses coups sur Frédéric, il détachait par la forêt de Tliarandt, au secours de Finck, le général Hulsen avec g bataillons et 20 escadrons. Mais ce dernier apprenant le 21 , près de Dippodiswalde, le sort de son collègue, se retira à Freyberg. Le roi établit alors 4 bataillons à Mohorn pour communiquer avec lui.
Daun se reposant sur ses lauriers , cantonna son armée aux environs de Dresde ; celle des Cercles alla prendre ses quartiers-d'hiver en Franconie.
Le roi prit aussi des cantonnemens resserrés en face des Autrichiens : l'avant-garde , de 9 ba-