‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 27 sur 200 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

l'art , aux obstacles que la nature a multipliés sur cette ligne : ses places de rassemblement étaient des postes choisis et fortifiés avec soin; de plus, une cliaîne de troupes légères , répartie sur la jigne des frontières, mettait l'armée à l'abri d>e toute surprise. Mais ces précautions n'auraient pas empêché le maréchal d'en prendre d'autres , aussitôt que la direction des entreprises du roi «ût été connue. Frédéric résolut donc de manœuvrer dans le double but , de pénétrer en Bohême , si Daun quittait sa position avantageuse , ou en Moravie s'il persistait à y rester.

En conséquence l'armée leva ses cantonnemens de Landshut, le 19 avril, et se rapprocha <le Schweidnitz. Le corps de Fouquet partit le même jour de Braunau , retourna à Glalz , cantonna à Wallisfort et aux environs. Ziethen fut reporté à Landshut pour couvrir les montagnes contre les incursions des troupes légères.

Le 25, le roi entra à Neiss avec l'avant-garde , et le maréchal Reith cantonna aux environs avec le reste de l'armée. Pendant ce temps on répara les chemins qui conduisent de cette forteresse dans le comté de Glatz , on jeta plusieurs ponts sur la rivière, et on rassembla quelques milliers de chariots , en faisant répandre le bruit qu'ils étaient destinés à transporter des fourrages et des vivres à Glatz, où Frédéric s'était rendu le jour précédent pour inspecter la ligne des postes.

Daun prit toutes ces démonstrations pour une ruse dont le but était de le faire sortir de sa position; il se rappelait que le roi avait employé les mêmes moyens dans la campagne précédente, afin de donner le change aux généraux autrichiens, sur la véritable direction de ses mouvemens; il regardait l'invasion de la Moravie comme une opération trop téméraire , puisqu'on ne pouvait s'y maintenir que par la prise d Oimutz. Cette place était dans le meilleur état de défense , et le général Marshall , qui y (ommandait , réunissait les talens les plus éminens à une bravoure éprouvée. Enfin le maréchal ne pensait pas que Frédéric pût hasarder des opérations aussi éloignées du centre de ses aiïaires , tandis que la formidable armée des Russes, menaçant ses états héréditaires, le forcerait d abandonner ses conquêtes pour les secourir. Il redoubla en conséquence de vigilance et d'activité sur le point qui paraissait être menacé.

Le général autrichien n'avait peut-être pas tort; car on ne devait pas présumer que le roi, après avoir néijliiïé l'invasion de la Moravie dans les deux campagnes où il pouvait la tenter avec le plus davantages, l'entreprendrait alors. Tempelhof néanmoins considère cette invasion comme un chef-d'œuvre , tandis qu'elle a été blâmée par Retzovv et tous ses contemporains. Dans le fait, on Fa trop vantée, et trop critiquée; car si elle

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