‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 29 sur 200 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

et se disposait à le soutenir en personne avec une division d'infanterie , lorsque les Autrichiens se retirèrent jusqu'au défilé dePredlitz.

Le commandant dune patrouille envoyée à Muglitz , fut enlevé ce jour-là par les Autrichiens près deLostitz. Cette nouvelle faisant soupçonner l'approche de leur grande armée, le roi fit camper le 6 , à Achemeritz , 28 bataillons et 43 escadrons : Je prince de Wirtemberg s'établit à Prosnitz avec 2. bataillons de grenadiers et 3o escadrons. Avant d'allerplus loin^^il faut reprendre les mouvemens de l'armée autrichienne.

Le départ des Prussiens de Landshut, fut , pour les troupes légères ennemies , le signal d'entrer en mouvement. Le 20 avril, le général Buccow détacha le colonel Brentano, pour siu-prendre le bataillon franc d'Angenelly à Liébau; mais cette expédition n'eut pas une réussite complète, car les Croates ne firent que quelques prisonniers.

Le général Laudon , fameux par son audace et son habileté dans les coups de main de cette nature, échoua aussi dans l'attaque des magasins de Gottesberg, et se retira en Bohême , par Schonberg.

Le maréchal Daun, qui regardait une invasion dans ce royaume comme la seul« opération probable, ordonna enfin à son armée de quitter les cantonnemens , et de camper à Scalitz, le 29 avril.

6S TPiAÏTÉ DES GRANDES OPERATIOJNS MILITAIRES,

Les corps détachés furent également rassemblés. Celui de Buccow à Trautenau. Laudon à Lewin, Janus à Grulich. Le duc d'Ahremberg à Nacbod avec la réserve. Ces dispositions étaient excellentes dans l'hypothèse supposée par le maréchal. En eOel, l'on ne pouvait pénétrer en Bohême, sans qu'il n'en fût instruit assez tôt pour soutenir ces différens corps placés en observation. La position de Scalitz , située au centre de toutes les communications de la Silésie avec la Bohême , permettait de porter la masse de ses forces, avec promptitude sur tous les points , et quoique déjà très-forte par sa nature , elle avait été encore retranchée.

Le maréchal ayant reçu la nouvelle des mouvemens du roi contre la Moravie , se décida à changer de suite tout son plan, et à se porter au secours de cette province. Laudon devait couvrir la marche de l'armée , en se dirigeant par Reichechenau et Wildenschwert, surHohenstadt, où il arriva le 5 mai. Le général Janus le suivit. Ou laissa le général Kalnocki en opposition au corps de Ziethen, et le prince d'Esterhazy resta à Nachod, avec quelques hussards, pour couvrir les magasins de Konigsgratz. L^armée impériale se mit en mouvement, le 3 , marcha par Wodierad et Chotzen, et prit, le 5, l'excellente position de Leutomischel , l'aile gauche à cette ville , la droite en avant de Friedrichshof.

Le général Harsch fit une démonstration sur le comté de Glatz , pour empêcher Fouquet d'inquiéter la marche ; mais cette précaution devint inutile, puisque la division de ce général était <\éjk partie, le i" mai , pour Neiss.

Le mouvement de l'armée autrichienne sur Leutomischel était d'autant plus nécessaire, que Je seul grand magasin qu'elle eût aux frontières de Moravie, se trouvait dans cette ville; elle couvrait, en même temps, la Bohème de ce côté, et ce but paraissait être le seul que Daun eut en vue.

Il est vraisemblable que le maréchal ne pénétrait point encore les desseins du roi, et qu'il considérait ses raouvemens vers la Moravie , comme une démonstration ou une menace sur les magasins; il comptait sans doute j que sa marche déjouerait les projets des Prussieiis et les forcerait à se retirer, Tempelhof pense qu'il serait difficile d expliquer autrement l'inaction du maréchal dans le camp de Leutomischel , et de découvrir la cause qui Tempêcha de pousser , au moins , jusqu'à Muglitz , d'où il aurait pu inquiéter vivement les communications de l'armée prussienne , en portant des partis sur la droite de cette armée , par Hof et Sternberg. Cette opération n'exposait les Autrichiens à aucun danger, puisqu'ils auraient toujours conservé leurs communications avec la Bohème, et leurs grands magasins; tandis que le moindre de ses résultats était de

forcer le roi à s'affoiblir par des détachemens, et à rester sur la défensive. Malgré le non conaplet des régirnens qui composaient l'armée ennemie , elle était encore supérieure aux Prussiens , et le grand nombre de ses troupes légères lui assurait le succès de cette guerre de détail.

Cependant ses corps détachés s'approchaient toujours du roi. Le général Janus campa sur la m.ontagne des Saints , près de Muglitz , occupa Lexen , Lostitz et le château de Busow. Laudon se porta à Konitz , étendant ses partis pour communiquer avec le général Deville à Predlitz. La division de ce dernier fut renforcée par 6 régirnens de cavalerie.

La position de ces différens corps ne servait qu'à préserver l'armée d'une surprise ; et quoiqu'ils resserrassent celle du rai , souvent inquiétée dans ses fourrages , ils ne pouvaient néanmoins apporter aucun empêchement aux opérations du siège. Enfin , ils étaient tellement éloignés de leur armée , que le roi aurait pu les débusquer facilement , s'il n'avait cru devoir épargner ses troupes , et ne pas les exposer à des pertes et à des fatigues sans résultat.

Dès que Frédéric fut informé de.ces^mouvemens , il changea ses positions. <;[ Mo-'Mf}" '

Le gros de son armée campa d'abord jusqu'au lo, àAchmeritz, avec des divisions détachées à INeustadt , à Staniau , et une avant-garde à Pros-

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