‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 30 sur 200 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

îiitz. Mais de faux avis appuyés de toutes les probabilités , ayant fait croire au roi qiie l'armée de Daun s'approchait; il prit le 1 1 mai, les positions suivantes :

Au camp deProsnitz, sousle roi. . . 21 bataillons. 63 escad.

A celui d'Achemeritz ou Littau , sous le

prince Maurice i5 i5

A Neustadt, le margrave Charles-. . . 7 19

A Starnau et Bauniovitz , le général

Meyer 3 16

A Sternberg. a o

Telle était la position de l'armée prussienne pour couvrir le siège et empêcher l'ennemi de rien entreprendre d'important sur les convois attendus de la Silésie. Les Autrichiens , en effet , ne pouvaient détacher une forte division sur le flanc droit des troupes postées à Neustadt pour inquiéter la grande route de Troppau , sans l'exposer au danger d'être coupée. Celle du général Deville , à Predlitz , pouvait seule pousser sur les jfrontières de Silésie , par Prerau , Leipnick et Fulneck, un corps de cavalerie qui eût intercepté les communications avec cette province.

Le roi résolut en conséquence, de faire enlever toutes les subsistances qui se trouvaient sur cette direction , et porta le général Seidlitz, le 12 mai , avec 1 5 escadrons , 1 bataillon de grenadiers et une partie des transports de l'armée sur Rrerasir

et Tobitschau , tandis qiie le roi marchait sur Wischau contre Deville. Ces deux détaclieTnens reprirent ensuite leurs positions à Sclimirsitz et Prosûitz.

Pendant que l'armée exécutait tous ces mouvemens et resserrait Olmutz , le général Fouquet partait , le i" mai, avec sa division , des cantonnemens de Glatz , et occupait les environs de Tseiss, où tous les attirails de siège étaient préparés. Afin de faciliter leur transport , on divisa le convoi et l'escorte en quatre sections qui devaient marcher à un jour de distance : elles arrivèrent au camp de Krenau , du 16 au 20 mai, sans éprouver d'autre accident qu'une petite escarmouche du général Putkamer avec les troupes légères du colonel Lanius , près de Lobnick et de Friedland.

Il est convenable avant de nous engager dans le récit du siège et des événemens décisifs qui en résultèrent , de ramener un moment le lecteur à ce qui se passait à l'armée du prince Henri , en Saxe , sur l'extrême droite du front d'opérations -des Prussiens.

OpératioTis en Saxe.

ZSous avons vu dans le chapitre précédent , que par suite des avantages d'une ligne d'opérations intérieure; le prince Henri avait détaché

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mi corps de troupes pour seconder les entreprises des alliés contre l'armée française , et leur donner la première impulsion offensive. Après la reddition de Minden , ce corps ayant rempli sou but , revint dans ses quartiers d'hiver en Saxe, Pendant ce temps, le prince faisait des dispositions pour entrer en campagne.

La faiblesse de son armée qxii ne consistait qu'en 22 bataillons de campagne et 20 escadrons, ne lui permit pas de songer à des entreprises bien importantes ; il se borna donc à inquiéter les ennemis par des coups hardis , et chargea le général Grabow de surprendre Hof ; mais la garnison ayant eu vent de l'approche des Prussiens, se retira laissant seulement 166 prisonniers et quelques provisions.

La cour de Vienne craignant une invasion de la Bohême du côté de la Saxe , et ne croyant pas ses forces suffisantes pour l'arrêter , attira de bonne heure l'armée des cercles en Bohême , et fit aussi marcher les troupes aux ordres du général Dombale , qui jusque là avaient été réunies aux Français. Le duc de Deux-Ponts venait de succéder au prince de Hildbourghausen dans le commandement de l'armée des cercles qui cantonnait en Franconie ; sa gauche liée par la Thuringe et le pays de Fulde aux frontières de Hesse et à l'armée française ; sa droite appuyant aux troupes Autrichiennes qui couvraient la Bo-

héme. Le duc fit camper le ig avril à Bareith , 18 bataillons et 26 escadrons. Les hussards autrichiens de Spleny occupaient Hof.

L'armée prussienne ayant été renfoncée par 2 bataillons et 20 escadrons , envoyés de la Silésie, et par 6 bataillons venus de Berlin , le prince Henri résolut d'aller au-devant de l'ennemi ; il fit camper le général Hulsen à Friedbergsdorfs avec 8 bataillons et 1 5 escadrons pour couvrir les débouchés de la Bohême , et se porta lui-même par Zwickau sur Hof, avec 18 bataillons et 27 escadrons qui cantonnèrent de Plauen à Taltitz.

Pendant ce temps l'armée des cercles avait quitté le camp de Bareith le 1 5 mai , afin d'en prendre un autre àEgra , laissant un petit corps pour couvrir la Franconie et le magasin de Bamberg , elle repartit de cette position le 22 , et se réunit le 28 à Saatz , au camp des Autrichiens commandés par le général d'Andlau.

Le duc de Deux-Ponts prit alors le commandement supérieur en Bohême ; son armée , en y comprenant les divisions autrichiennes de Serbel^ni à Laun et de Haddick à Brix, était forte de 53 bataillons, 36 compagnies de Croates et 80 escadrons. Malgi'é cette supériorité des ennemis , le prince Henri ne s'occupa nullement de leurs démonstrations sur les montagnes de Pasberg et du côté de Toeplitz , mais résolut de manoeuvrer à droite pour menacer la

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