CHAPITRE IX
Pour suivre ces opérations , il faut remonter plus haut. Après la bataille d'Hastembeck, le duc de Cumberland cédant aux forces supérieures dont il était enlouré , conclut le 9 septembre la fameuse convention de Closter-Seven ( T^ojez chap. IK ), par laquelle les hostilités devaient cesser sous vingt-quatre heures. Les Hanovriens se retirèrent à Stade et au-delà de l'Elbe, dans le duché deLauenbourg; les troupes de Brunswick, de Saxe-Gotha , de Buckebourg et les Hessois eurent la faculté de retourner dans leur patrie sans être considérés comme prisonniers. Il serait assez difficile d'indiquer la cause qui porta le duc de Richelieu à cette démarche précipitée (1).
Quoiqu'il en soit, cette convention amena des débats pour la répartition des cantonnemeus; la cour de Londres refusa de la ratifier. Quand on commet de telles infractions on a toujours quelques motifs pour en voiler l'odieux; les alliés prétendirent que le premier article de ce traité portant que les hostilités cesseraient dans vingtquatre heures , semblait avoir pour but d'améliorer le sort des pays ravagés par la guerre ; car si l'armée française devait y être entretenue , on croyait du moins être à l'abri du pillage à main
(i) Le ministère n'approuva pas les termes de cette convention, et voulut que les troupes déposassent les armes; mais il n'était pla& temps.
ai'Diée et de toutes vexations. Tempelhof accuse le général français d'en avoir donné Texemple en voulant profiter de cette occasion pour rétablir sa fortune , dissipée par le luxe et les plaisirs ; il imposa de fortes contributions , ne mit aucun frein au brigandage des employés aux vivres , et laissa l'armée dans la disette au milieu des contrées les plus riches et les plus fertiles; les cliétives rations qu'elle recevait ne se composaient que d'articles dont on ne pouvait faire un trafic. Ce désordre eut les suites les plus funestes. Qu'indiscipline étant portée à son comble , le soldat autorisé par l'exemple commettait partout des dévastations. Les efforts de quelques chefs étaient inutiles; car lorsqu'ils voulaient punir, le soldat se soustrayait au châtiment par la désertion. Ce fut ainsi que la brillante armée du maréchal d'Estrées se trouva considérablement afTtiiblie , et hors d'état d'entreprendre une opération importante.
Les alliés , indignés des traitemens qu'ils éprouvaient , reprirent les armes , et se réunirent de nouveau. Richelieu après la signature du traité , avait mis ses troupes en quartier dhiver dans le Hanovre , en Westphalie et dans la Hesse. Il apprit à Brunswick la nouvelle de la bataille de Rosbach et le rassemblement des troupes alliées, ce qui iui faisant craindi'e la rupture de la convention,