‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 38 sur 200 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

la niiît du i" au 2 juillet , faire avancer un corps nombreux près de la ville , attaquer l'arrièregarde aussitôt après la levée du siège, à laquelle on devait s'attendre. Le commandant , dont la conduite fut d'ailleurs exemplaire , aurait pu , en même temps , faire une sortie vigoureuse. L'activité étonnante avec laquelle les Prussiens évacuèrent tout , dans le cours d'une seule nuit , aurait eu un résultat moins brillant, si la garnison avait agi vigoureusement, à la faveur des ténèbres, et dans le désordre inséparable d'une telle opération.

La négligence des Autrichiens rappelle une maxime importante à la guen^e , c'est qu'il ne faut jamais ren\>ojer au lendemaùi. Combien de généraux trouveraient, dans son application ou son oubli , la cause de leurs succès ou de leurs revers ! Daun , au lieu de faire tirer en signe de réjouissance trois salves générales d'artillerie et de mousqueterie , et d'ordonner des chants de victoire , aurait mieux fait de poursuivre l'ennemi , et de profiter de sa position critique. J'aurai occasion de rappeler, plus loin , quelques fautes semblables , et de comparer le système lent et pusillanime du maréchal , avec celui des grands capitaines du siècle.

Néanmoins les généraux Laudon et Ziskowitz reçurent l'ordre de se rapprocher sur la droite

fie la route qui mène de Littau , dans le comté de Glatz , ils occupèrent Eulenbourg et LangendorfF; le 3 , les généraux Ziskowitz et Saint-Ignou avancèrent jusqu'à Blandendorff, observant la route d'ïlabelswerdt et celle de Neiss par Zuckmantel. L'armée resta dans son camp de Gros- Teinitz , à l'exception des grenadiers et carabiniers , sous le général Lascy , qui passèrent la Morava et campèrent à Krenau, à une demi-lieue de la place.

Je ne donnerai pas tous les détails de cette marcbe , dont il ne résulta rien de remarquable ; elle oflPre un nouvel exemple de la tranquillité imperturbable de Daun , et du bonbeur avec lequel Frédéric parvint , avec un train immense , à francliir tous les défilés qui conduisent de Moravie en Bobêrae , tandis qu'il était suivi , sur ses flancs et en queue, par des corps considérables. Je me bornerai donc à présenter un tableau des mouvemens des deux partis ; cette pièce , jointe à la plancbe 16 , sufiira pour Tintelligence de toute l'opération.

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