CHAPITRE X. gS
deçà de Prosnitz avec une forte division , faisant mine de vouloirattaquer cette position, tandis que le général Buccow inquiétait les hussards de Zie-t then à Kostelelz ; d'un autre côté , il faisait retrancher son camp , comme s'il eût été résolu de s'y maintenir.
Le roi , qui venait d'apprendre les premiers succès du colonel Mosel contre Laudon , crut devoir attribuer à ce revers , les dispositions défensives de Daun , qui dès-lors devait s'attendre à être attaqué. Mais au même instant, le maréchal ayant fait jeter plusieurs ponts sur la Morava , entre Kremsir et Kogetin , partit deDobromielitz dans la nuit du premier juillet , passa cette rivière , et marcha avec une telle rapidité , qu'il arriva le même soir sur les hauteurs de Gros- Teinitz, à trois quarts de lieues dOlmutz (i). Pour empêcher que le roi ne fût instruit de ce mouvement, il resserra tellement la chaîne de ses postes , qu'ailcun déserteur ne pouvait la franchir. Le général Buccow tenta encore de surprendre les hussards de Ziethen dans la même nuit.
Les avant-postes prussiens annoncèrent le
(i) Une marche de huit lieues et demie en quinze heures n'est plus chose étonnante, aujourd'hui qu'on fait douze lieues dans le même espace de temps; mais il s'agissait de faire marcher 60 mille hommes ensemble , avec tout l'attirail du campement.
matin que l'eniieiiii avait quitté son camp , et un instant après on reçut la malheureuse nouvelle de la destruction du convoi.
Ije\>ée du siège d'Olmutz ; marche du roi en Bohême.
La position de Frédéric était délicate; resserré sur ses flancs par un corps nombreux , d'autant plus dangereux qu'il occupait un pays très-montagneux , où l'avantage du nombre devenait plus embarrassant qu'utile , il voyait encore devant lui une armée supérieure. Le choix de ses points de retraite se bornait à deux routes, celle de Silésie ou de Bohême.
Daun , en s'appuyant sur la droite pour soutenir les corps qui enlevèrent le convoi , avait dégarni cette dernière province : imprudence qu'il eut pu réparer en s'y portant vivement après la réussite de ce coup iàiporlant , qui lui garantissait la levée du siège. 11 ne le lit point, et le roi, dont la conception rapide prenait un essor proportionné aux dangers qui le menaçaient , se décida à y marcher avec son armée.
Ce projet , bien conçu , réunissait une foule d'avantages, i» celui de vivre encore toute la campagne aux dépens de l'ennemi ; 3° de se rapprocher des corps qu'il avait laissés en Saxe , contre l'armée de lEmpire; 3° d'éloigner de la
Sîl^sie le -fardeau de la ^n erre ; 4° de c'ôtivriï' néanmoins :C<3tte province coiitre toutes lès eu-' treprises" 'des Autrichiens. , aiûitii- >ramo'>
Fréderijc rasspmljla tous ses géiiéraux aiiqtiar^ tîer-ge'uéi'ai cle Sclimirsitz , le premier juillet ^ ÏQi}v annonça; la perte du grand convoi que Yavmée attendait, etla nëcessit'éde renoncer au siège] ajoutant :;«cjue.'«i; les; cincanstances exigeaient )) d'attaquer l'ennemi partout où on le troùte-^ » rait, il,' comptait sur le 'dévouement et la «bravoure sî souvent éprouvée de ses troupes; » qu'il espérait le culbuter , supposé même qu'il 3) fallût Ici chercher au sommet; des montawires »^les phis: escarpées , ou aborder son front hé^ » risse de batteries. » • . .! . . ; . - . f , . r
Il donna en même temps desordres pour letéï' le siège a^^Çitoii les les précautions d'usage^/ lo»;
Le prince Maurice se dirigea ^ 'ïen^ juillet ,i avets l'avant-garde de l'armée ,. vers le défilé de Netztrowan et Gevicz. Le roi conduisit le reste du corps d'obseiivation , au camp en arrière de Brzeskow. t\ Unir, anvir. 'ù^ni'ir.'i i^ , jiiioqJna-c
Le maréchal Keîth fut cbâi-gé de lèVeî- le siège d'Olmutz. Cette opération dcfvait s'effectuer en présence d'une garnison brave et nombreuscj et de la gràudejarmée.deDami postée à Gi^os^- Teinitz , ce qui la rendait scabreuse ; mais lei maréchal prit ses mesurés : avec tant, de céléHtys et
f)8 TRAITÉ DES GIli».rsDF.S OPERATIONS MILITAIRES.
tle sagesse , qu'elle réussit complètement. Les bataillons de service à la tranchée furent relevés comme à l'ordinaire , et l'artillerie fit un feu fijourri de toutes les batteries jusqu'à la nuit; alors les pièces furent retirées; et après avoir évacué les munitions , les blessés et les malades; les grenadiers , bataillons francs et hussards se rassemblèrent ; au quartier-général , où ils passèrent la nuit sous les armes.
Le 2 juillet, à deux heures du matin , tous les parcs se trouvèrent réunis au nombre de 5 mille chariots, à Rrenau, place de rassemblement indiquée. Le coips de siège se mit en marche, à cinq heures, sur. trois colonnes. Le convoi marcha sur la grande route d'Olrautz , à Littau , et les deux autres colonnes le flanquèrent. Les troupes, qui s'étaient rassemblées au quartiergénéral , for nièrent , avec les dragons , Farrièregarde commandée par le prince François de Bruns\vick. La retraite s'eflectua avec fermeté , ordre et prudence, les Autrichiens ne l'inquiétèrent point, et l'armée arriva ainsi à temps près die Littâu , où ellei catoipa. ' - ''*
,jEn jetant uu coup-d'œil stlt' la position de«i généraux Daun , Laudon et ZisItoA\"itz , il pai:aîtra surprenant qu'ils n'aient pas déployé plus 4'activité et de résolution. La communication avec Olmutz étant rétablie , ils pouvaient , dans