‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 42 sur 200 · CHAPITRE X. io · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. io

Ou voit par ce tableau que Frédéric exécuta sa retraite , escorté pour ainsi dire par l'armée autricliienue, puisque le corps deBuccow, et plus tard ceux de Kalnoky et d Esterhazy , se trouvaient en tète de sa colonne , tandis queLaudou et Ziskowitz marchaient à hauteur de son flanc , et que Lascy même, avec les grenadiers réunis, augmentait le nombre des poursuivans : enliu Daun , avec le gros de sou armée , fermait lentement le cortège en suivant la queue des colonnes prussiennes à distance d'une ou deux journées.

Le lecteur jugera , d'un coup-d'œil , la profondeur de la ligne de marche que le roi fut forcé de prendi'c à cause de son énorme train et de la nature du pays. Ou se convaincra que le maréchal agissant plus vivement dès les deux premiers jours , aurait pu prévenir le roi à Zwittau , et supposant même le contraire, ce rapprochement convaincra que rarm.ée prussienne , une fois engagée dans les m.ontagnes , Daun pouvait l'attaquer sans avoir plus du tiers des forces ennemies à combattre , et que dès-lors il avait le plus grand intérêt à brusquer ses mouvemens.

Toute cette retraite ne donna cependant lieu qu'à deux ou trois petits combats; le premier eut lieu le 3 et 4 juillet, entre le prince Maurice qui devait ouvrir la marche, et le général Buccow qui s'était jeté avec ses croates dans les montagnes de Johnsdorf , lesquelles séparent la Bohême de

to4 TRAITÉ DES GRANDEf; OPERATIONS MILITAIRES.

la Moravie, èfc où il voulait disputer le passage. Dès son aiTivée à Rreuaule prince s'eagageaavec les. coureurs aiUrichieus , mais la résistance devint plus vive dans la montagne , où Buccow se couvrait d'abattis : 1 issue du combat ne pouvait pas élre douteuse ni longue, puisque les Prussiens se renforçaient successivement.

^ i;Le.¥oi sentit-feoute la difficulté qu il éprouverait si l'ennemi conservait l'avantage d'avoir un corps devant lui pour retarder ses niouvemens , tandis qu'il se trouverait pressé de toutes parts; il ordonna, donc au prince Maurice de masquer le corps de Buccow, et de prendre uiie autre route pour forcer de marche, et gagner Leutomischel avant l'ennemi , ce qui fut exécuté avec tant de rapidité et de bonheur, qu'on y enleva les restes du grand magasin autrichien.

Lascy atteignit Rrenau , le 8, avec ses grenadiers , avant que la dernière colonne de Keitli y eût passé; il en résulta un engagement très-vif; mais les Autrichiens furent repousses. r>

Le 12, Keith eut un engagement plus sérieux vers Holitz avec Laudon et Ziskowitz; le généi-al prussien y déploya son habileté ordinaire , et força l'ennemi à se rejeter sur Boruradeck. • Pendant que Buccow combattait vivement à Johnsdorf , le, maréchal était tranquille à Gros- Teinitz, et au moment où Laudon disputait le passage de Keith à Ilolitz , personne ne paraissait

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