‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 43 sur 200 · CHAPITRE X. lOD · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. lOD

Sur la qiieue des colonnes prussiennes, qui eussent été détruites si elles avaient été suivies parla grande armée avec la même activité qxie Laudon déployait dans la conduite de ses corps détachés. Une armée poursuivante a tous les avantages imaginaljles pour forcer de marche; à chaque pas qu'elle double, elle multiplie lembarras etles pertes de l'ennemi, et augmente le nombre de ses trophées; elle n'a rien à craindre d'aller le plus vite possible, surtout quand aux attaques sur les derrières de l'ennemi , on en ajoute d'autres dirigées perpendiculairement sur le flanc de sa ligne d© retraite; par ce moyen on arrête des corps entiers qui , coupés du reste de l'armée , n'ont aucun moyen de salut.

Enfin, le 14, toute l'armée du roi se trouvait audelà del'Adler, et occupa le camp avantageux de Konigsgratz; l'aile droite appuyant à Russeck et couverte par l'Elbe , le centre derrière la montagne des Pandours , la gauche à Slatina , couverte par l'Adler , dont tous les ponts furent détruits. Le corps du général Fouquet,qui devait conduire Tarlillerie de siège et autres trains inutiles , à Giatz , et en ramener un transport de vivres , campa Ta droite à Swinarka, la gauche à Hoheubruck. L'occupation de ce camp , où le roi séjourna jusqu'à ce que les progrès des Russes exigèrent sa présence dans la Nouvelle-Marche, termina , grâce à l'insouciance de Daun , cette opération difficile.

:io6 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.

Xe roi évacue la Bohême et marche contre les Musses (i).

On vient de voir que Tarmée prussienne se concentra près de Konigsgratz, le i/\ juillet; que Daun restait à Hrochow-Teinitz , et que Laudon et Ziskowitz , après avoir été repoussés à Holitz , s'étaient portés à Opotschna et à Tinischt. La position du premier , à Opotschna , sur le flanc gauche et presque sur les derrières du roi , était aventurée , mais elle inquiétait les communications de la route de Glatz , sur laquelle tous les convois se dirigeaient. Dès que Frédéric eut connaissance de cette position de Laudon , il marcha , le 16 , avec y hataillons et i5 escadi'ons, par Mistitz ; tandis que le général Fouquet, avec son corps et le train des vivres , se portait par Meserisch à Dobruska , pour lui couper la re^ ti'aite sur Neustadt. Le général autrichien s'aperçut qu'il était temps de se retirer , et fila sur Reichenau avec perte d'une centaine d'hommes. Le roi occupa Opotschna ; le général Fouquet con-

(i) Cette retraite offrant des mesures d'exécution intéressantes, je l'ai rapportée avec des détails fastidieux pour le plus grand nombre des lecteurs , mais qui seront appréciés par les militaires qui savent combien on néglige aujourd'hui ces détails d'exécution , ^i nécessaires pour bien servir.

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tiniia sa route sur Neustadt , et le 17 , il campa sur les hauteurs en arrière de Nachod.

Pour déjouer les projets des troupes légères ennemies, postées à Gishubel, il échelonna sou corps et couvrit la route par une chaîne de brigades détachées à Schwedelsdorf, àReiner, à Rukerts et au mont Humel qui borde la chaussée. Les généraux Fouquet, prince de Bévern et Golz , restèrent à Nachod pour y attendre le général Lattorf , qui devait amener la grosse artillerie et son parc , du camp de Konigsgratz. Ce dernier étant arrivé , Fouquet partit le 19 , pour Glatz, avec tout son corps et tout le train. Lattorf resta à Nachod pour attendre son retour.

Dès que Laudon apprit le mouvement du convoi , il renforça le poste de Gishubel par mille croates , sous le colonel Brentano ; mais les mesures étaient si bien prises , qu'ils restèrent simples spectateurs de sa marche. Daun passa l'Elbe , le 17 , à Pardubitz , et campa, le 18, à Dobresenitz. Son armée* était forte de 72 bataillons de fusiliers, 12 bataillons.de grenadiers et 126 escadrons de grosse cavalerie , sans compter les hussards , croates et autres troupes légères ; il resta quatre jours dans cette position sans rien tenter , se bornant à détacher Janus près de Kwalkowitz , pour inquiéter la route de Silésie.

Le maréchal Daun reconnaissait tous les joiu-s

!lo8 TRAITÉ DES GRANDES OPERATIONS MILITAIRES.

le camp du roi , et inspectait les environs , afin de prendre une nouvelle position conforme à son système ; toujours tremblant devant un ennemi inférieur , au lieu de l'attaquer , il cachait sa marche derrière un rideau défensif , et vint campera Urhiinilz et Ghlom, en face de l'armée du roi qui était alors absent. Les deux ai-mées se trouvèrent si près l'une de l'autre que l'on dislin£»uait les rues du camp autricliien.

Frédéric , informé de ce mouvement , partit , le 22 , à trois heures , pour revenir au camp avec les dragons de Normann , laissant le reste du corps aux ordres du prince François de Brunswick , à Libreiitz , pour y attendre le convoi de vivres ramené par Fouquet de Glatz à Nachod , et qui devait venir de là avec le général Lattorf. Ces deux généraux arrivèrent le même jour à l'armée avec le transport , amenant quelques régimeus de renfort du corps de Fouquet. Le roi ayant alors 5i bataillons et 1 19 escadrons, se proposait d'attaquer Daun , malgré sa grande supériorité, et fit jeter des ponts sur lElbe ; mais la position de l'ennemi , déjà si forte par elle-même, avait été retranchée. D'un autre côté , la nouvelle des progrès des Russes dans la IVouvelle-Marche , décida Frédéric à renoncer à son projet, et à évacuer la Bohême pour marcher contre eux.

A cet effet, le général Rebentisch partit^ le

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