CHAPITRE XI. l
de lavant-garde , à deux cent cinquante pas en avant de Taile gauche de la première ligne : ayant sur chacune de leurs ailes une batterie de lo pièces de douze; 91 pièces ou obusiers étaient distribués sur le reste du front , sans compter les pièces des bataillons.
Toutes ces dispositions étant terminées , à neuf heures l'avant-garde se mit en mouvement, à droite et à gauche de Zorndorf. Les batteries forent placées sur de petites collines en avant de ce village , et commencèrent une canonnade assez vive , à laquelle les Russes ripostèrent avec une artillerie deux fois plus nombreuse. Le feu des Prussiens fit néanmoins plus d'effet que celui de Tennemi , parce que sa direction était concentrique sur l'extrémité du carré , où la cavalerie et les bagages présentaient plus de surface. Le désordre se mit bientôt dans les bagages, etFermor fut forcé de les retirer en arrière du carré , ainsi que la cavalerie.
Peu après, le général Manteufel se remit en marche avec Pavant-garde , dont l'artillerie continua de tirer. L'aile gauche de l'infanterie des deux lignes appuyait ce mouvement. La cavalerie se prolongea à gauche de Zorndorf, sous le feu des batteries ennemies, et se forma sur une ligne, appuyant à la première de linfanterie , à l'exception de 1 régimens , qui se portèrent à l'aile droite.
Suivant les dispositions du roi , l'avant-garde
Jl34 TRAITÉ DES GRA.NDES OPÈRATIOIVS MILITAIRES,
devait marcher à deux cent cinquante pas en avant de l'extrême gauche de l'infanterie , ainsi que cela est indiqué au plan , première position : l'aile droite devait être refusée et hors de portée du feu. Mais lorsque la première ligne eut longé le village de Zorndorf à droite , l'avant-garde continua son mouvement , de manière qu'on n'eut plus le temps de gagner assez de terrain pour semboî ter derrière elle, et que l'aile gauche ne forma qu'une même ligue avec lavant-garde , ce qui priva celle-ci d'un soutien d'autant plus nécessaire que la cavalerie avançait très-lentement pour éviter le feu de l'ennemi. En marchant , la gauche de l'avant-garde devança aussi sa droite, et lorsqu'on en vint au feu de mousqueterie, elle gagna encore davantage, en sorte qu'elle conversa presque entièrement , et prêta le flanc à l'ennemi. Ceci n'aurait eu aucune suite , si la première ligne d'infanterie eût été à même de la soutenir; mais la cavalerie russe apercevant ce vide , chargea les bataillons du flanc , et les ramena jusque devant Zorndorf. Fermor ordonna alors à son infanterie de rompre le carré et de poursuivre les Prussiens, ce qu'elle effectua en jetant de grands cris; cependant à peine eut-elle fait quelques cents pas , que le désordre s'introduisit dans sa ligne.
Dès que Seidlitz s'aperçut que l'avant-garde avait ployé, il avança à la tête de la cavalerie; et