CHAPITRE XIII
maréchal était justifié par les apparences. Mais quel dut être son étonnement, lorsque, le 25 à midi, il découvrit, sur ses derrières , toute l'armée prussienne en possession de la route directe de GœrJitz, et lui donnant de vives inquiétudes pour ses magasins de Zittau ?
Le 24, à six heures du soir, le général Braun partit avec Ghataillons et 5 escadrons, conduisant les bagages par Salza et Leichnam à Neudorf , où il passa la petite Sprée, et parqua son convoi. L'infanterie qui occupait les villages en avant du front et sur les flancs , se retira au camp à dix heures, dans le plus grand silence , laissant les gardes avancées de cavalerie jusqu'au lendemain. A dix heures du soir, les tentes furent abattues, et l'armée se mit en marche pa?^ lignes et par la gauche. Les hussards de Werner, le bataillon franc de Salenmon , et les 8 bataillons que le prince Henri avait amenés , formèrent l'avantgarde, qui marcha par Drehsa, passa la Sprée à Geilitz , changea de direction à droite , et se porta par Gros-Raditz et Diesa , au camp d'Ullersdorf. La première colonne , composée de toute l'infanterie, suivit la même route : la seconde colonne, formée de la cavalerie , passa la petite Sprée à Neudorf, fut suivie par le convoi de Braun , et se dirigea par Tauban etKolm, au camp d'Ullersdorf. Le général Borustedt partit le même soir de Kumerau , avec le parc des vivres , et se porta
par Tauen et Sproitz , à Jenkendorf , où il arriva le 25 à midi. Le prince Henri commanda l'arrière-garde, formée de ii bataillons, 20 escadrons et des gardes de cavalerie. Dès que l'armée eut levé son camp, il occupa les mamelons nommés Spitzbergen, et suivit au jour la route des colonnes. Le roi campa la droite à Diesa , la gauche àBaarsdorf, et transféra son quartier-général à Ullersdorf fpl. igj.
L'apparition subite des Prussiens dans ces contrées , donna lieu à l'enlèvement de plusieurs détachemens du corps de Welila , et à la retraite de ce général sur la grande armée. Les Autrichiens occupèrent Bautzen après le départ du roi , et y trouvèrent les blessés intransportables, au nombre desquels étaient le prince Maurice et le général Geist, qu'ils traitèrent avec les plus grands égards.
En jetant un coup-d'oeil sur la position respective des armées, il paraîtra étonnant que le roi ait pu gagner une marche sur ses adversaires. La vigilance de leurs nombreuses troupes légères fut mise en défaut, et ils n'apprirentle départ des Prussiens , qu'au moment où les têtes de leurs colonnes avaient déjà gagné Gros-Raditz. Si Daun se fût aussitôt mis en marche avec son armée sur la route directe de Goerlitz , il est probable qu'il eût encore prévenu le roi dans cette ville ; mais il se contenta d'envoyer le géuéi^al Caramelly à la