CHAPITRE Xlfl
partie de ses frontières, qu'un petit corps cîe 8 bataillons, sous le général Manteufel, et de diriger en Saxe, les corps de Dolina et de Wedel.
La plus grande difficulté consistait à se rendre maître de la route de Silésie, et d'atteindre Goerlitz avant l'ennemi. Or, le chemin qui conduit directement à cette ville , passant par Weissenberg et Reiclienbacli, se trouvait entièrement fermé par l'armée autrichienne. Fredéric ne pouvant y arriver que par un grand détour, sa première marche devait être forcée et cachée , de manière que dans la seconde, il eût moins de terrain à parcourir que l'ennemi, qui était à même d'atteindre Goerlitz dans une seule journée. Le maréchal ayant une division sur le ilanc gauche du roi , et beaucoup de troupes légères sur ses derrières, il paraissait impossible de lui cacher le moindr© mouvement , à moins de lui donner'Ie change sur le véritable plan d'opérations ; c'est ce que Frédéric fit en maître.
II fallait d'abord se débarrasser de tous les attirails , et des malades et blessés dont le camp se trouvait rempli. On rassembla , en conséquence , lui grand nombre de chariots du pays , sur lesquels tous les blessés qui pouvaient supporter le transport furent chargés. Ce convoi partit de Bautzen, le 22 octobre au soir, sous l'escorte de 2 bataillons et 5 escadrons , et prit la route de Dresde par Gameuz, Ronigsbruck et Radeberg.
200 TRAITÉ DES GRANDES OPÊRATIO.XS MILITAIRES.
Arrivé à Camenz, le commandant du convoi ap* prit que le général autrichien Nauendorf s'était avancé avec quatre régimens d'infanterie jusqu'à Konigsbruck, où Daun l'avait porté pour intercepter la route de Dresde. Le roi en ayant été informé, ordonna au convoi de repartir dans la nuit même , et de marcher par Hoyersweida , directement sur Glogau, ce qui fut heureusement f^xécuté. Il restait encore le train des vivres et munitions de toute espèce; leur évacuation était de la plus haute importance dans la position actuelle , puisqu'il n'y avait rien à attendre de longtemps des magasins de Silésie , ni de ceux de Dresde. Le général Bornstedt partit, le 23, à dix heures du soir, avec ces trains et le reste des blessés, sous l'escorte de 4 bataillons et 5 escadrons ; côtoy^a la rive gauche de la Sprée jusqu'à Kumerau , où il passa sur la droite.
L'ennemi informé de la marche de ces deux colonnes, conclut que l'armée ne tarderait pas à se miettre en mouvement; mais la direction qu'elle prendrait était encore un problème. La seconde colonne semblait vouloir gagner par Sagan la route de Glogau qu'avait prise la première; et les Autrichiens occupant en forces celle de Goerlitz, Daun crut avoir forcé Frédéric d'abandonner la Saxe , pour se retirer sur cette place de seconde ligne ; l'on croit aisément ce qu'on désire, et il laut convenir que ce jugement du