‹ Histoire critique et militaire des guerres de Frédéric II, comparées au système moderne (volume 2)Chapitre 85 sur 200 · C H A P I T II E X 1 1 I · texte numérisé non relu

C H A P I T II E X 1 1 I

Telles furent les suites de la marche hardie, rapide et savante de Frédéric. La cour de Vienne, se flattait déjà de reconquérir la Silésie, et , par cette seule combinaison , elle fut plus éloignée rpie jamais de réussir dans ce projet. Il est vrai qu'elle eût pu s'en dédommager largement, si Daun avait su profiter de l'absence de l'armée prussienne pour opérer vivement sur Dresde, Torgau et VVirtemberg. Le maréchal voyant enfin que tous ses efforts pour arrêter le roi seraient infructueux , porta bien ses vues sur Dresde , maia il le fit avec tant de lenteur et de mollesse qu'il n'en obtint aucun succès. 11 envoya , le 2'j octobre, le général Tillier au duc de Deux-Ponts, pour combiner la part que larmée des Cercles prendrait à fexécution de son projet. Afin de donner le change aux Prussiens, il fit jeter un pont sur la Neiss , et ordonna à l'armée de se préparer à marcher le 3 novembre , comme s il eût voulu poursuivre le roi; mais, le 4 au matin, il prit la direction de Bautzen , laissant le général Okelli à Lauban , pour soutenir Laudon au besoin. L'armée des Cercles, qui avait quitté , le i4 octobre, son fameux camp de Pirna, pour occuper celui de Gieshubel , se porta , le 3 novembre , à Lauenstein, et le 4 ^ '<^ Hermsdorf; il ne resta qu'une brigade, pour la garde du pont de bateaux de Pirna.

Frédéric ordonna au général major Finck de

prendre, après le départ du prince Henri , une part active aux délibérations du conseil , quoicfue ce petit corps d'armée eût les lieutenaus généraux, Hulsen et Itzenplitz. Ces derniers avaient une manière de penser si noble, qu'ils vécurent avec lui dans la meilleure intelligence, et le se* condèrentde tous leurs moyens (i).

Les mouvemens de l'armée des Cercles et de la grande armée autrichienne , engagèrent les Prussiens à quitter le camp de Gamicli , le 5 novembre , et à se retirer derrière le Val dePlauen, afin de ne pas être attaqués de front par la dernière, et pris à revers par la première. Cette nouvelle position appuyait sa droite vers Zolmen , sa g<auche à Postewitz.

Le roi avait donné avis à Finck , de l'ordre expédié aux corps de Dohna et de Wedel, de se porter en Saxe à marches forcées. Il savait , en outre, que Frédéric reviendrait dans ce pays, aussitôt que la Silésie serait délivrée; il n'avait.

(i) Cette bizarrerie ne pouvait manquer d'arriver dans un état où l'avancement était exclusivement réservé à l'ancienneté, où le mérite le plus transcendant était condamné à la nullité, à moins qu'il ne fût mis en scène par un événement de cette nature. Il faut convenir qu'il aurait mieux valu créer un lieutenant-général avant son tour, que d'exposer ces deux généraux à un affront semblable; leur dévouement est sans contredit louable; mais osait-on espérer de leur part un désintéressement dont l'histoire offre si peu d'exemples ?

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