CHAPITRE XIII. 2lS
eiî conséquence , qu'à se maintenir, jusqu'à cette époque, en évitant de se laisser entourer. Si cela ne pouvait s'opérer que par une retraite , il fallait la diriger de manière à conserver ses communications avec les corps qui devaient le renforcer, à soutenir Dresde , et empêcher les Autrichiens de sétahlir solidement en Saxe.
Le choix des mesures tendantes à un tel résultat , devait être déterminé sur les mouvemens ultérieurs du maréchal Dami ; or, celui-ci était parti, le 6, de Ditershach , avait passé l'Elbe à Pirna , le -y, et campé àLockwitz, pendant que l'armée des Cercles prenait position à Freiberg.
Dès que les généraux prussiens en furent informés, ils se réunirent, dans la nuit du 7 au 8, et résolurent de se mettre en mouvement au point du jour, pour s-e porter à Meissen , avant d'être entièrement cernés. On expédia deux officiers au général Schmettau , commandant de Dresde^ pour l'en prévenir, et lengager à se défendre vigoureusement jusqu'à l'arrivée des secours. Ces officiers étaient chargés de ramener les équipages du prince Henri, les conseillers du cabinet du roi , et les chiffres. On peut se faire une idée de la sensation que celte évacuation causa dans la capitale. La majeure partie des habitans n'était pas portée pour les Prussiens; aussi Daun fut-il bientôt instruit du projet de leurs généraux. C est justement ce que désirait Finck, dont Je dessein
2l4 TRAITÉ DES GRANDES OPÉRATIONS MILITAIRES.
n'était pas d'aller àMeisseii; mais de gagner quelques jours , en donnant à Daun , un avis qui l'engageât à ralentir les préparatifs dune conquête qui lui paraissait dès-lors facile.
Finck se rendit à Dresde au point du jour , et fit part de son projet au commandant ; il mit à Tordre de l'armée, de cuire les vivres et de se tenir prêt à marcher. Le capitaine de pontonniers fut chargé de jeter, dans le plus grand silence , un ponc au-dessous de la ville , vers lequel on ouvrit de la porte de AVildsruf et du camp trois déliouchés. Daun fit après-midi une légère reconnaissance.
Le g novembre , à six heures du matin , le parc d'artillerie et les équipages filèrent sous l'escorte d'un détachement de trente hommes par bataillon (i). A deux heures, on apprit que l'armée ennemie était en mouvement, Finck fit prendre les armes , replia les avant-postes , et se mit en marche sur deux colonnes qui traversèrent Dresde et allèrent camper sur la rive droite de l'Elbe. Leur mouvement fut couvert par 6 bataillons que
(i) Cette méthode de tirer les détacliemens de tous les corps, est très-avantageuse, surtout pour une armée inférieure; un bataillou de 600 hommes rend pour un instant les mêmes services qu'un de ^00 hommes. En détachant l'excédant , on ne s'affaiblit ]>ojnt ; car on ne diminue point le nombre des corps organisés , qui constitue l;i force réelle d'une armée.