CHAPITRE XIV
séparés , sur une seule étendue donnée ; elles for-; meront alors lignes doubles sur un grand froût.
Les lignes profondes sont celles qui , partout de leur base, parcourent une grande étendue de terrain pour arriver à leur but.
Les îii;nes d'opérations concentriques , sont pîusieurs lignes ou une seule divisée , qui partent de deux points éloignés, pour arriver sur un même point , en avant ou en arrière de leur base.
On entend par lignes excentriques , celles que parcourt une seule masse qui part d'un point, et se divise pour se porter sur plusieurs points divergens.
Enfin, les dernières combinaisons que nous présentent les opérations générales des armées sont,/c5' lignes secondaires et les lignes accidentelles. Les premières sei^ent à désigner les rap' ports de deux iu-mées entre elles, lorsqu'elles agissent sur un même développement de frontières; ainsi l'armée de Sambre-et-Meuse était, en i'jg6, ligne secondaire de larmée du Rbin. Les lignes accidentelles sont celles qu'amènent des ëvénemens qui font changer le plan primitif de campagne, donnent une nouvelle direction aux opérations : ces dernières sont rares et de lapins haute importance ; elles ne sont ordinairement découvertes que par un génie vaste et actif.
En jetant un coup-d'oeil sur ces diverses combinaisons , on se convaincra combien mes idée»
diffèrent de celles des auteurs qui ont écrit sur ce sujet jusqu'à ce jour. Eu elFet , on a considéré ces ligues sous les rapports matériels seulement. Lloyd et Bulow, ne jeur ont donné quune valeur relative aux magasins et aux dépôts des armées. Le" dei^nier a même avancé qu'il nj avait plus de lignes d'opérations lorsque l'armée campait près de ses magasins. L'exemple suivant suiïira pour détiiiire ce paradoxe. Je suppose deux armées campées , la première sur le Haut-Pdiin , en avant de Brisach, et l'autre sur le Bas-Rhin, en avant de Dusseldorf , ou tout autre point de cette frontière; j'admets que leurs grands dépôts sont immédiatement aii-delà du fleuve , ce qui est sans contredit, la position la plus sûre et la plus avantageuse. Ces armées auront un but oliieiisif ou délensif; dès-lors elles auront //g^/ze^ territoriales «t lignes-manœuvres, i° Leur ligne lerritoi-iale défensive partira du point où elles se trouvent jusqu'à celui de seconde ligne qu'elles doivent couvnr; or elles en seraient coupées l'une et l'autre si l'ennemi venait à s'y établir. L'armée de Mêlas aurait eu pour dix ans de nmnitious dans Alexandrie, qu'elle nétait pas moins coupée de sa ligne , dès que lennemi victorieux occupait celle du Pô. 2" Leur ligne-manœuvre serait double contre une simple, si l'ennemi concentrait ses forces pour accabler une de ces armées : elle sera double extérieure contre double intérieure, si